L’affaire du Karting refait surface

La famille Samade est à son vingt-septième jour de deuil. Leur fils, Othman, âgé de cinq ans et demi est mort, dimanche 13 janvier 2002, suite à un accident au karting du Village Go Carte (VGC), (cf Aujourd’hui Le Maroc n°45 du 19 et 20 janvier 2002). Certes le destin a joué ainsi avec Othman et sa famille. Mais jusqu’à maintenant rien n’a été entrepris pour empêcher qu’une telle catastrophe se reproduise, explique le père de la victime qui nous a informé que le dossier devrait être mis, mercredi, entre les mains du procureur du Roi auprès du tribunal de Première Instance de Ben Slimane.
Cependant le père, espère que le témoignage du responsable magasinier de VGC, Karim Hazmi, soit pris en considération. Ce jeune homme courageux qui ne veut pas être un témoin à bouche fermée n’a pas gardé le mutisme pour dévoiler ce qu’il a considéré comme une vérité. Il n’a pas hésité de se rendre chez les enquêteurs pour témoigner en risquant de perdre son job. Il nous a fait part, qu’il subit des pressions pour retirer son témoignage, mais ses convictions ne lui permettent pas de dissimuler une réalité quel que soit le prix. M. Hamzi nous affirme que de «prime abord les véhicules qui circulent au circuit du VGC (à quatre kilomètres de la sortie de Mohammedia-Est, sur la route de Ben Slimane), ne sont pas homologués aux normes nécessaires pour circuler sur la piste, c’est-à-dire sur un terrain aménagé pour le sport de karting». Il a précisé également que «les véhicules disponibles sur le circuit ne sont pas des baby-kart authentiques qui devaient être réservés aux enfants âgés de cinq à huit ans, mais ce sont des mini-cross qui sont utilisés par des enfants de huit à douze ans».
Le responsable magasinier précise, que «les responsables du VGC ont effectué des modifications sur le véhicule utilisé par l’enfant Othman lors de ses premiers tours au circuit avant de trouver la mort pour le transformer en un baby-kart».
Normalement, précise-t-il, le mini-cross ne doit être mis en place que dans un circuit en terre et non pas une piste. Et d’affirmer que «le mini-cross est aux roues à crampon, à un guidon équipé d’un frein à gauche et d’un accélérateur à droite, d’une ceinture de sécurité et d’un moteur de 120 centimètres cube, quatre chevaux». Pour justifier aux enquêteurs que l’enfant était à bord d’un baby-kart, ajoute le responsable magasinier, «les responsables du VGC ont changé les roues à crampons par des roues normales et le guidon par un volant en mettant l’accélérateur et le frein aux pieds, ils ont, également, enlevé la ceinture de sécurité et ont transformé «le Remote Carte Contrôle qui change la vitesse du moteur, ce qui est plus grave dans tous ces changements, en élevant les chevaux à 5,5». Karim nous a affirmé, par ailleurs, que « les responsables du VGC tentent de camoufler la réalité au détriment des vies des êtres humains. À ce propos, ils ont demandé à un moniteur de ne pas déclarer aux enquêteurs avoir équipé le véhicule utilisé par la victime après le drame, d’un appareil de sécurité. Mais ce qui est intéressant que j’ai le reçu justifiant que je lui ai donné un collier nécessaire pour fixer cet appareil dans le véhicule et j’ai délivre ce reçu aux enquêteurs », déclare-t-il.
Le dossier est actuellement entre les mains du procureur du Roi qui doit aller jusqu’au bout pour ne pas transformer la belle journée en drame pour d’autres familles.

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