Lahlimi : Le formulaire est bien ficelé

Lahlimi : Le formulaire est bien ficelé

ALM : Selon quels critères, les formulaires de recensement ont été préparés?
Ahmed Lahlimi : Ces formulaires ont été préparés, dans un premier temps, par des statisticiens, puis enrichis par une équipe plus élargie d’experts.
Et au final, les différents départements ministériels concernés par les résultats de ce recensement ont proposé des questions. En somme, le formulaire a été bien ficelé.
Mais force est de constater que le nombre de questions posées est extrêmement limité?
Tous les ministères que nous avons contactés nous ont demandé d’ajouter des questions précises concernant leur secteur. A titre d’exemple, le ministère de l’Equipement voulait connaître la distance qui sépare les habitations dans le monde rural et les routes. Le ministère de la Santé voulait avoir une idée sur les maladies, celui des Technologies de l’information espérait savoir combien de foyers marocains sont équipés en Internet, etc. Si nous augmentons le nombre de questions, le temps passé dans chaque ménage sera également beaucoup plus important. Au lieu d’un mois, il nous en faudra deux pour réaliser le recensement.
Le recensement ne peut pas répondre à toutes les questions, ni satisfaire tous les besoins en information des départements ministériels.
A quoi il servira-t-il alors ?
À partir de ce recensement, nous disposerons d’un échantillon-maître actualisé qui permettra à tous les départements ministériels de mener, rapidement et efficacement, toute enquête ou étude qu’ils jugeront indispensables au développement du pays.
Dans le recensement, nous posons des questions universellement admises. Elles renseignent sur la structure démographique du pays et sur le niveau d’instruction de la population.
Dans le cas du Maroc, nous voulons avoir une idée sur l’alphabétisation, les conditions de vie des ménages, l’accès au service de base comme l’eau, l’électricité et l’assainissement, l’équipement des maisons…
Certains reprochent également au recenseur de négliger les MRE.
Dans tous les recensements du monde, il y a une règle: les nationaux résidants à l’étranger sont recensés dans le pays d’accueil. Dans notre recensement, nous prenons en compte que les Marocains et les étrangers résidants au Maroc ou de passage dans notre pays. En somme, on ne comptabilisera que les MRE qui n’ont pas encore rejoint leur pays d’accueil.
Est-ce que les mêmes questions sont posées à tous les recensés?
Nous avons un formulaire unique pour toute la population. Toutefois, nous avons des formulaires pour « les catégories comptées à part ». C’est le cas des populations nomades, des pensionnaires des prisons, des maisons de bienfaisance, des hôtels et des casernes. Sans oublier les sans-abri, qui sont également comptabilisés.
Le recensement de ces derniers a commencé le 12 septembre à 20 heures.
Comment se fait-il que les recenseurs ne posent aucune question sur les revenus des ménages?`
Effectivement, il n’y a pas une seule question qui cherche à connaître le revenu, le patrimoine ou la fortune des ménages recensés. La raison est bien simple.
Des études ont été réalisées sur le niveau de vie des ménages, et sur leurs revenus. A ce titre, je tiens à préciser qu’il n’y a aucun lien entre les recenseurs et les fonctionnaires fiscaux. D’ailleurs, les résultats du recensement ne sera d’aucune utilité pour le fisc.

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