L’Algérie multiplie les actes provocateurs à l’encontre des journalistes marocains

L’Algérie multiplie les actes provocateurs à l’encontre des journalistes marocains

Les autorités algériennes multiplient les actes provocateurs à l’encontre des journalistes marocains. Deux journalistes de l’hebdomadaire Assahrae Al Ousbouiya ont été interpellés, vendredi 1er octobre, par les services de sécurité algériens à leur descente d’avion à l’aéroport Houari Boumediene à Alger, avant d’être soumis à un interrogatoire et refoulés le lendemain. Il s’agit de Hicham El Medraoui et Mohamed Laghrous. Ces deux journalistes ont été dépêchés par l’hebdomadaire pour suivre l’affaire de l’enlèvement de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud par des milices armées et réaliser un reportage sur le quotidien de la population séquestrée dans les camps de Tindouf. A leur retour au Maroc, samedi dans l’après-midi, les deux journalistes ont affirmé avoir été soumis à un interrogatoire musclé et à une pression psychologique insoutenable, et ce depuis leur arrivée à Alger. M. El Medraoui, correspondant de l’hebdomadaire à Laâyoune et M. Laghrous, directeur de son bureau à Rabat, ont relaté, dans une déclaration à la presse, avec grand émoi «le traitement inhumain» dont ils ont été victimes pendant les 22 heures de leur détention en garde à vue parmi les délinquants dans une salle de l’aéroport. Les deux journalistes ont assuré qu’ils étaient en possession de tous les documents réglementaires pour leur reportage prévu à Tindouf pour tenter de lever l’embargo médiatique auquel les populations séquestrées y sont soumises. MM. El Medraoui et Laghrous ont indiqué que leur passeport et autres documents ont été confisqués ainsi que leurs téléphones portables.
Durant leur garde à vue sous bonne escorte par au moins dix éléments de la sécurité, ils étaient même empêchés de satisfaire leurs besoins naturels sans aucune considération pour l’état de santé, le cas de M. El Medraoui qui souffrait d’une fièvre insoutenable et qui s’est vu refuser toute assistance médicale jusqu’à son arrivée samedi à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca où il a été pris en charge. Commentant ce traitement de la part des autorités algériennes, les deux journalistes ont affirmé qu’il est la conséquence du simple fait qu’ils sont des journalistes marocains.
Les deux journalistes de l’hebdomadaire Assahrae Al Ousbouiya ont regretté «le mutisme des organisations régionales et internationales des droits de l’Homme sur ces exactions maintes fois répétées à l’encontre des professionnels de la presse qui ne cherchent qu’à faire leur devoir d’information en allant à la rencontre des organisations associatives et politiques et les populations séquestrées dans les camps de la honte, à Tindouf». «L’interpellation des deux journalistes marocains est une attitude qui relève en quelque sorte le manque de sérieux et l’esprit enfantin des autorités algériennes. Avant le départ de ces deux journalistes à Alger pour réaliser un reportage sur Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, nous nous sommes réunis avec les responsables de l’ambassade d’Alger à Rabat et nous avons rempli les formalités nécessaires. Ces derniers nous ont assurés que les deux journalistes sont les bienvenus à Tindouf. Mais une fois arrivés à Alger, les deux journalistes ont été interpellés par la police algérienne. Pire encore, les deux journalistes n’ont pas été refoulés à bord du même avion qui les a transportés à l’aéroport. Ils ont été interrogés à deux reprises par la police avant d’être refoulés 24 heures après leur interpellation vers le Maroc», souligne Mohamed Réda Taoujni, directeur de publication d’Assahrae Al Ousbouiya, et président de l’Association le Sahara Marocain (ASM), dans une déclaration à ALM. «On se demande quel est le message que les autorités algériennes veulent transmettre à la presse marocaine et par la même au Maroc à travers ces agissements. Il est plus que jamais clair que l’Algérie ne veut absolument pas perdre la carte des camps de Tindouf. Une carte à travers laquelle elle harcèle le Maroc et essaye de porter atteinte à son intégrité territoriale», ajoute-t-il. «L’Algérie et sa création le Polisario ne peuvent absolument pas interdire l’accès aux camps de Tindouf. Certes, il le font pour cacher au monde ce qui se passe dans ce territoire algérien, en termes de violations graves des droits de l’Homme», souligne M. Taoujni, appelant toutes les ONG internationales à se mobiliser pour amener le régime algérien à ouvrir les camps des séquestrés à Tindouf à la presse marocaine et internationale. Pour rappel, deux autres journalistes d’Assahrae Al Ousbouiya, Lahcen Tigbadar et Mohamed Slimani, avaient été arrêtés samedi 18 septembre, à Tindouf et retenus dans un hôtel de la ville pendant quatre jours. Les deux journalistes s’étaient rendus à Tindouf pour assurer la couverture du retour aux camps de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, inspecteur général de la police du Polisario arrêté, mardi 21 septembre, par les services secrets algériens.

Le SNPM dénonce l’interpellation des deux journalistes marocains
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a dénoncé l’interpellation, vendredi, de deux journalistes de l’hebdomadaire marocain «Assahrae Al Ousbouiya» par les services de sécurité algériens. Le syndicat a appelé la presse algérienne, arabe et internationale ainsi que toutes les organisations qui œuvrent dans le domaine de la liberté de la presse et des droits de l’Homme à mettre à nu les violations par les autorités algériennes de toutes les lois et conventions internationales relatives à la protection des droits des journalistes à la circulation et l’exercice du métier, indique samedi un communiqué du SNPM. Les deux journalistes ont été malmenés et agressés physiquement par les autorités algériennes à l’aéroport d’Alger, devant les regards des voyageurs, avant de les refouler le lendemain à bord d’un avion à destination de Casablanca. Cet acte «vise à mépriser le corps journalistique marocain et transmettre un message selon lequel les autorités (algériennes) font fi des engagements internationaux et ignorent les protestations et les appels internationaux lancés en faveur de la liberté des journalistes d’exercer leur métier aux camps de Tindouf». Les deux journalistes, qui comptaient se rendre dans les camps de Tindouf pour «suivre l’affaire de l’enlèvement de Mustapha Salma Oud Sidi Mouloud par des milices armées, dans le sud-ouest algérien, et réaliser un reportage sur le quotidien de la population séquestrée dans les camps de Tindouf», ont été interpelés par les services de sécurités après leur débarquement à l’aéroport d’Alger». Ils ont été «interpellés à deux reprises» et «séquestrés dans une salle à l’ aéroport sous la surveillance de six agents de sécurité».

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