Le blocage de l’UMA freine la croissance des pays du Maghreb

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïeb Fassi Fihri, a indiqué, vendredi à Skhirat, que l’incapacité des cinq pays du Maghreb à réussir leur intégration est «un gâchis socio-économique». Le chef de la diplomatie marocaine, qui intervenait à l’occasion de l’ouverture des travaux d’un colloque sur le thème « Maghreb 2030, partenariat euro-méditerranéen », organisé par le Haut Commissariat au Plan (HCP), a déclaré que «le Maghreb est une opportunité de développement et de création de richesse, et le non-Maghreb est un gâchis socio-économique». «Le Maghreb est un impératif sécuritaire contre le terrorisme, le phénomène migratoire, les trafics illicites et la drogue, face auxquels aucun Etat maghrébin ne gagnera seul», a-t-il expliqué avant d’ajouter : «l’Union du Maghreb arabe va avoir bientôt 20 ans, et elle tarde à se déployer, à être débloquée, à défaut d’une volonté politique résolue des cinq Etats membres». Le chef de la diplomatie marocaine a par ailleurs rappelé le soutien de Rabat au projet d’Union pour la Méditerranée lancé par le président français Nicolas Sarkozy. «Le Maghreb ne peut jouer son rôle dans la coopération euro-méditerranéenne que si les frontières sont ouvertes, si les passions s’apaisent », a affirmé, M. Fassi Fihri faisant allusion à la frontière maroco-algérienne fermée depuis près de quinze ans. «Le Maghreb doit aller vers davantage d’intégration», a déclaré de son côté Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un message vidéo aux participants. «Allez plus loin entre vous, car le commerce, qui constitue une dimension essentielle de l’économie, demeure étrangement limité», a-t-il ajouté. «Bien que des pays arabes soient de grands exportateurs de pétrole, les services représentent la moitié du PIB du monde arabe et le premier pourvoyeur d’emplois», a souligné M. Lamy. «Au Maghreb, ce que les économies ont en commun, c’est leur dépendance du commerce international qui est vital pour votre région », a-t-il dit. Le «non-Maghreb» coûte 2 points de croissance annuelle aux cinq économies, le commerce intermaghrébin ne représente que 2% du total, l’investissement intermaghrébin est marginal et le «point noir», c’est un taux de chômage moyen  de 16%, a déclaré Abdellatif Jouahri, gouverneur de la banque centrale du Maroc. Ce colloque de prospective auquel ont été invités pour deux jours des experts maghrébins et européens vise notamment à dégager «des plate-formes pour des partenariats entre organismes publics et privés au Maghreb et en Méditerranée», indiquent les organisateurs.

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