Le désespoir des faucons algériens

SM le Roi Mohammed VI a reçu, mercredi soir en Sa résidence à New York, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika. L’audience s’est déroulée en présence de Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, du côté marocain, et de Abdelaziz Belkhadem, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, ministre des Affaires africaines et maghrébines, Abdellatif Rahal, conseiller diplomatique du Président et Abdellah Baali, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies, du côté algérien. Dans la presse algérienne, hostile à son président, l’on relève que « hormis le fait qu’il a assisté avec la plupart des chefs d’Etat présents à New York à la réception qu’a donnée, mardi dernier, le président George Bush au musée d’histoire naturelle, Abdelaziz Bouteflika n’a pas eu d’entretien en tête-à-tête avec le Président américain. En revanche, ajoute-t-on, le chef de la Maison Blanche « a accordé une audience de 30 minutes au Roi Mohammed VI auquel il a affirmé que Washington « n’imposera pas de règlement au Maroc » sur la question du Sahara occidental ». Et d’ajouter « comme quoi aux yeux de George Bush, le Maroc, allié traditionnel des Etats-Unis, compte beaucoup plus que l’Algérie ». Une demi-vérité qui cache, en réalité, la plus grande partie de l’iceberg. Car, en tant que première puissance mondiale, les Etats-Unis sont au fait de la situation qui prévaut au Maghreb, en particulier en ce qui concerne les relations maroco-algériennes, et la question du Sahara marocain, considérée comme étant un sujet « sensible au Maroc », selon les propos du président américain George W. Bush. Les Américains savent, également, que le blocage que connaît ce dossier est dû en grande partie à l’acharnement des autorités algériennes à contrecarrer le projet du parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume. Aussi, sachant que « L’ONU et les Etats-Unis ne devraient pas imposer un règlement au Maroc », et que ce dernier est appelé à trouver une « solution acceptable », SM le Roi a, au nom de l’idéal maghrébin, et par souci de préserver ses relations de bon voisinage, annoncé sa prédisposition à « trouver un consensus international sur la question du Sahara marocain ». Mais dans le respect, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume ». La rencontre avec le président Bouteflika s’inscrit donc dans l’optique de cette stratégie d’ouverture. Elle n’est ni conjoncturelle ni d’ordre purement politicien, ou ayant une quelconque relation avec les élections présidentielles qui pointent à l’horizon en Algérie. Car, comme l’a confirmé, mardi dernier, SM le Roi dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations-Unies « le Royaume du Maroc a fait le choix stratégique de la construction du Maghreb arabe en tant qu’espace pour la promotion de la paix et du développement de ses pays membres, loin de toute velléité de balkanisation et dans le plein respect des éléments constitutifs de chacun des Etats qui le composent». Aux autorités algériennes, alors, de faire preuve d’objectivité et de beaucoup de bon sens. La création d’un Etat microscopique au Maghreb sera certainement un problème de plus dans une région qui connaît déjà un retard au niveau de la mise en place de ses structures économiques et sociales. Car, que pourrait apporter une entité étatique dépourvue des moyens élémentaires de survie, de subsistance alimentaire et d’autosuffisance, sur les plans économique et social, et d’indépendance vis-à-vis de ses voisins ? En outre, toute proposition de division du territoire marocain serait non seulement dangereuse pour le développement et le progrès du Maroc, mais également pour la stabilité et l’équilibre de la région tout entière. Les bandes armées, qui alimentent la guerre civile qui sévit en Algérie, trouvent un allié objectif et permanent dans les forces séparatistes armées jusqu’aux dents. En revanche, du côté marocain, l’on sait que toutes les tentatives de rapprochement entre les deux Etats voisins ont fait l’objet d’avortement, pour des raisons n’ayant aucun rapport avec le principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Ce slogan cher à une partie de la junte militaire algérienne, qui ne fait que dissimuler le vrai visage de ses détenteurs et surtout leurs visées hégémoniques dans la région. Il est, donc, temps d’oublier les rancunes du passé et de tourner cette page de l’histoire.

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