Le fiancé escroc

Le fiancé escroc

A 28 ans, Nadia continue de refuser les demandes en mariage. Et ce pour la simple rasion qu’aucun des jeunes hommes qu’elle rencontre ne lui semble sérieux.. Elle remarquait qu’ils ne voulaient que passer du bon temps avant de disparaître, sans donner signe de vie. A chaque fois que l’un de ces jeunes hommes la croisait, il lui promettait monts et merveilles avant de lui demander de l’accompagner «pour boire un verre de thé à la maison». Par contre, Abdelkader,l’a impressionné. Il ne ressemble pas à ces jeunes hommes qui ne pensent qu’ à l’attirer dans leur lit. Il lui semble très sérieux, au point qu’elle ne veut plus le quitter. Quand il l’a croisée pour la première fois, il y a quelques mois, au moment où elle s’acheminait à destination de son travail, il n’a pas perdu beaucoup de temps pour la convaincre de le rencontrer dans un café du quartier des Roches Noires à Casablanca. Ils s’y sont attablés sans échanger le moindre propos, comme si chacun d’eux cherchait le mot qui convient. «Je souhaite rencontrer une fille sérieuse, parce qu’elles sont devenues très rares au point qu’on pense qu’il n’y en a plus…», a-t-il commencé par dire. Et il a continué à lui parler de ses principes et de ses pensées au point de la plonger dans un océan de rêves. Elle ne pense désormais plus qu’à lui, à ses mots, à son élégance. « Je suis un haut responsable dans une banque et je touche plus de dix mille dirhams par mois », lui a-t-il dit une fois alors qu’ils étaient dans un café du centre-ville. Elle est restée bouche bée. «Un million de centimes ! », s’est-elle exclamée. Elle n’avait jamais rêvé rencontrer un jeune homme qui perçoit une telle somme, alors qu’elle ne touche chaque fin de mois qu’une misère de 1.200 dirhams. Depuis, elle a pensé quitter son travail une fois mariée avec Abdelkader. «Pourquoi travaillerais-tu ?», lui avait-il demandé. Elle était très heureuse de son sort. «C’est la première fois que la chance me sourit»,se disait-elle. Il l’amenait à chaque rencontre à un guichet automatique pour retirer au moins 500 dirhams. Et quand ils se séparaient, il n’hésitait pas à lui tendre au moins un billet de 50 dirhams comme frais de transport. Un mois plus tard, il lui a expliqué qu’il pense à se préparer au mariage. Et ils ont commencé à parler de la nuit de noces. «Je n’ai pas un sou pour financer les cérémonies de la nuit de noces», lui a-t-il avoué. Raison invoquée : il a versé un acompte pour l’achat d’un appartement au quartier Bourgogne. «Et j’ai besoin d’une autre somme pour recevoir les clés le plutôt possible», lui a-t-il ajouté, tout en tentant de la convaincre de penser à avoir les clés de l’appartement que de perdre l’argent durant une seule nuit. Et il est arrivé à la persuader. Seulement, elle n’est pas arrivée à convaincre sa mère qui ne rêve, comme les autres mères, que des cérémonies de la nuit de noces. Traditions obligent. La solution ? Nadia a proposé à son futur mari d’attendre quelques mois pour convoler en justes noces afin de pouvoir lui verser 20 mille dirhams qu’elle avait épargnés durant des années. Abdelkader a accepté la proposition et a empoché l’argent pour ne plus donner signe de vie. S’adressant à la police deux semaines plus tard, Nadia a appris qu’elle n’était pas sa seule victime et qu’il avait filouté pas moins de six autres jeunes filles qui rêvaient de se marier. A chacune d’elle, il a subtilisé une importante somme après leur avoir prétendu en avoir besoin pour finir l’acompte nécessaire à l’achat d’un appartement. Mais la réalité est qu’il n’est ni cadre dans une banque de la place, ni fonctionnaire dans une administration. Il n’est qu’un petit escroc qui jouait son rôle à la perfection avant son arrestation, dimanche dernier, et sa comparution devant la justice à Casablanca.

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