Le journalisme du train qui déraille

Le journalisme du train qui déraille

à peine le projet de la Constitution, 180 articles dans une cinquantaine de pages, a-t-il été annoncé qu’une jolie speakerine de France 24 annonce, je cite de mémoire et donc en substance,  les réserves que susciterait ce projet chez certaines formations politiques marocaines. Qui sont-elles, combien sont-elles, que représentent-elles ? Rien, le néant en guise d’information. En terme de crédibilité on peut faire plus consistant et l’audiovisuel extérieur de la France mérite mieux. Pour le téléspectateur marocain, en dehors de la déception en présence de tant de déni, le fait n’a aucune importance. Il sait qu’il s’agit de formations groupusculaires dont l’horloge politique s’est arrêtée au milieu des années soixante-dix. Il sait que par ailleurs il y a un débat intense, intelligent et libre. Il connaît aussi les limites du Mouvement du 20 février, mais pour tous les autres, qui n’ont aucune connaissance du Maroc ou alors une information sommaire, ce flash de quelques secondes est parole de la France, c’est-à-dire d’évangile. Si cette méthode de travail avait été isolée on ne lui aurait accordé aucune importance. Elle est malheureusement récurrente au point que l’on est en droit de croire à un choix éditorial. Seul bémol à cette conviction, la position officielle de Paris qui a rendu publique une appréciation positive du projet de la Constitution. A moins que l’on soit en présence d’une bipolarité qui ferait tache. Deux manières uniquement d’appréhender l’attitude de la rédaction de France 24. Ou elle est roulée dans la farine par sa correspondante au Maroc dont le degré de probité reste à démontrer. Au four et au moulin, elle cherche à moudre l’ivraie plutôt que le bon grain. C’est une incertaine Lea Lise Westerhoff, qui a de l’entregent pour  plusieurs organes, sans mauvais jeu de mot, et trouve suffisamment d’énergie pour faire le bonheur de plusieurs rédactions. Ou alors elle pèche par manque de professionnalisme, ce qui n’est pas non plus évident si l’on tient compte du cursus académique et du parcours journalistique rien que de l’une des responsables de la rédaction, Nahida Nakad, une Française d’origine libanaise arrivée à la chaîne dans le sillage de la très professionnelle Christine Ockrent, épouse de Bernard Kouchner, ancien patron, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, de l’audiovisuel extérieur français. Sans doute Nahida Nakad, directrice adjointe du pôle arabophone, ne fait pas l’unanimité au sein de sa rédaction. Mais celle-ci ne lui reproche pas un manque de professionnalisme, seulement ses méthodes discriminatoires dans le recrutement des collaborateurs de la chaîne. Mme Nakad, pour sa défense, plaide l’incompétence des candidatures marocaines, tunisiennes ou encore libanaises. En dépit de «ses efforts», elle n’aurait trouvé personne au niveau requis. Possible. En même temps on ne peut pas dire que la correspondante qu’elle a dénichée pour le Maroc soit une lumière. Au moins au niveau de la rigueur. Ce qui nous ramène, probablement de manière paranoïaque, à cette toile perpétuellement renaissante qui s’active contre le pays chaque fois qu’il entend franchir un cap important de son histoire. Le Maroc vit pacifiquement son «printemps arabe». Les Marocains ont rejeté dans leur immense et écrasante majorité les voies  tunisienne, égyptienne, syrienne ou encore libyenne. Le Roi a promptement répondu aux attentes des citoyens d’autant plus rapidement que les réponses apportées étaient inscrites dans son programme. Tout ce que le monde compte comme capitales importantes a positivement pris acte du projet de la nouvelle Constitution. Ce qui a conduit l’Union européenne à accorder au Maroc le statut de partenaire pour la démocratie. Tout cela ne serait-il que quantité négligeable face à une poignée d’activistes ? Les trains qui arrivent à l’heure ne sont pas une information, seul celui qui déraille mérite égard et traitement. C’est une règle archi connue et abusivement consommée. Il n’en demeure pas moins que c’est une bêtise érigée en paradigme  de la profession pour camoufler toutes les dérives et toutes les insuffisances des pratiques journalistiques de notre temps. Quand ce n’est que ça et pas autre chose de plus insidieux.

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