Le Maroc a besoin d’une administration de proximité

Pour Khalid Naciri, directeur de l’Institut supérieur de l’administration (ISA), la problématique du développement local et de la bonne gouvernance au Maroc est une question intimement liée au processus de démocratisation et des déficits accumulés dans ce domaine au cours des quatre dernières décennies.
Le processus de démocratisation est aussi lié à une plus forte institutionnalisation des structures décentralisées dans la perspective de l’édification de l’Etat de droit et du respect des droits de l’homme dans le cadre d’un « Etat fort, démocratique et efficace », a-t-il souligné.
Après avoir rappelé certains principes du pacte de bonne gouvernance adopté par le gouvernement d’ « alternance consensuelle », M. Naciri a relevé que la nouvelle déclaration gouvernementale a mis l’accent sur la question de la réforme de l’administration à travers la délégation des compétences aux entités territoriales, la mise en place d’un système d’évaluation de la qualité et de la rentabilité de l’administration et la moralisation de la vie publique.
Brahim Ziani, membre du conseil scientifique de l’ISA, a plaidé pour une modernisation du cadre juridique qui régit le système de décentralisation et notamment au niveau communal, la révision du partage des ressources financières des entités décentralisées et la mise à niveau du personnel communal.
Présentant le modèle français de décentralisation, Pascale Gonod, enseignante à l’université Paris XI, a souligné que la France, qui est un Etat jacobin, est un « archétype de la centralisation » et que le processus de décentralisation n’a été véritablement déclenché qu’avec l’arrivée de la gauche au pouvoir au début des années 80. Ce processus, qui a été accompagné par un changement des mentalités, a-t-elle relevé, souffre d’une pléthore de structures locales.
De son côté, Paraskevi Mouzouraki, maître de conférence à l’Université d’Athènes, a relevé que le système grec de décentralisation présente certaines similitudes avec l’expérience française, notamment à travers l’éclatement des nombres de collectivités et le problème de délimitation des compétences.
Cependant en Grèce, le pouvoir exerce un contrôle beaucoup plus fort qu’en France, a-t-elle précisé.

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