Le Maroc s’attaque au gaspillage de l’eau

Le Maroc s’attaque  au gaspillage de l’eau

La chasse au gaspillage de l’eau est lancée. La Banque mondiale a réuni récemment à Malte les représentants  de 30 régies  publiques de l’eau en provenance du Maroc, de la Tunisie, de la Libye, du Liban, des territoires palestiniens et du Yémen. Cette réunion a permis aux participants d’examiner de près les conséquences, notamment sur le plan financier et opérationnel du gaspillage de l’eau et de débattre des moyens d’y faire face.

La lutte contre les fuites et les problèmes de sous-facturation apparaissent comme prioritaires aux yeux des opérateurs publics  de  la région. Le changement climatique vient compliquer la situation, car il menace les ressources en eau renouvelables et renchérit le coût des nouvelles ressources hydriques. Vu l’énorme gaspillage et la faible pluviométrie, le Maroc risque de manquer d’eau d’ici 2020.

Un rapport élaboré par le Haut-Commissariat marocain aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification en 2012 avait d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme  en   révélant que le Maroc a franchi l’étape du manque d’eau pour passer à celle de la rareté. À l’horizon 2020, la part de l’eau pour chaque citoyen sera réduite de 49%, ce qui signifie que le citoyen marocain ne disposera que de moins de 400m3 au cours des huit prochaines années. Il n’est pas inutile  de préciser que les précipitations apportent annuellement un volume évalué à 150 milliards de m3, dont 80% s’ évaporent et 20% ruissellent et s’infiltrent. Seuls 30 milliards de m3 peuvent être considérés comme ressources nationales en eau. Sur les 30 milliards de m3 de ressources potentielles, seulement 21 milliards de m3 peuvent être vraisemblablement mobilisés.

La compagnie nationale des eaux, la Water Services Corporation (WSC) constitue aujourd’hui un modèle pour le Maroc et les autres pays de la région MENA. Ladite compagnie  a lancé un programme offensif qui a abouti à de remarquables résultats. Outre l’adoption de concepts et de technologies de pointe pour le suivi et la diminution des fuites, la régie a mis en place un programme d’optimisation de la consommation d’énergie de ses usines de dessalement, en réduisant la consommation moyenne de 6 ou 7 kWH/m3 à 4,5.

Les participants, notamment l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE),   l’Établissement des eaux du Liban Nord et les responsables de Sanaa et d’Aden ont   fait part de leur intention de développer des échanges avec la WSC. Sur la base de ce constat, un programme de jumelage global entre la WSC et les opérateurs de l’eau de la région MENA sera élaboré au cours des prochains mois, afin de procéder aux premiers échanges sur le terrain fin 2014.
 

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