Le parent pauvre du budget

Le défi du développement économique d’un pays ne peut aujourd’hui se réaliser sans une maîtrise parfaite de l’innovation technologique, organisationnelle et sociale. D’ailleurs, la part du PIB consacrée par un pays à la recherche traduit sa capacité de création et de régénération des richesses. Au Maroc, 0,3 % du PIB est consacré à la recherche scientifique et technique. Ce taux est établi en tenant compte des crédits et budgets alloués à l’activité de recherche scientifique au niveau de trois secteurs. Les pays développés, à titre de comparaison, consacrent habituellement 2 à 3 % de leur PIB à la recherche. Les pays à revenus équivalents et dont les structures économique et sociale ressemblent à celles du Maroc, consacrent 0,5 %. Sur un autre registre, la recherche scientifique au Maroc se fait actuellement au sein de soixante-dix établissements universitaires et quatre instituts de recherche. La majorité de ces établissements sont organisés en départements qui sont à leur tour structurés en laboratoires et en Unités de formations et de recherches (UFR). Selon une enquête du CNCPRST, datant de 1997, le nombre de laboratoires et unités de recherche identifiés avoisine le millier dont 335 sont concentrés à Rabat, répartis entre 118 établissements publics et privés. Le secteur public représente à lui seul 90 %, tandis que le secteur semi-public occupe 9 %. Le 1 % restant, relève du privé. Malgré l’inexistence d’un organisme au niveau duquel sont centralisés les travaux de recherche comme c’est le cas dans certains pays comme la France, l’Espagne ou encore la Tunisie. Il est à noter que 79 % des unités de recherche recensées appartiennent aux établissements de l’enseignement supérieur, et se trouvent par la même, dans la plupart des cas, chapeautées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Pour ce qui est de la répartition par domaine, c’est le secteur des sciences exactes et naturelles avec 65 % qui vient en tête, suivi des sciences humaines et sociales avec 21 % et enfin des sciences de l’ingénierie avec 14 %. Quant aux activités de ces laboratoires et unités, elles embrassent quelque 2.100 thèmes de recherche dont 1.030 en partenariat avec les opérateurs publics et privés, et 1.070 thèmes en collaboration avec des partenaires étrangers dans le cadre des programmes de coopération internationale. La population des chercheurs au Maroc avoisine les 13.500 dont 9.500 opèrent au sein des universités, 1.100 dans les établissements de formation des cadres et 2.900 dans les établissements de formation des cadres à 2.900 dans les établissements publics et privés de recherche. La répartition de ce personnel par domaine scientifique montre que 47 % ont choisi les sciences sociales et humaines, 36 % les sciences exactes et naturelles -une tendance inverse par rapport à ce qui existe dans les pays développés-, 8 % les sciences médicales, 5 % les sciences de l’ingénieur et en fin 4 % les sciences agricole. Ces chiffres démontrent, si besoin est, qu’un long chemin reste encore à parcourir pour combler le retard accumulé par le Maroc dans ce domaine. C’est la condition sine qua non pour améliorer la situation de l’emploi, la qualité de la vie des citoyens et renforcer la compétitivité des entreprises nationales.

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