Le PJD appelle au boycott

Le Parti de la justice et du développement (PJD) a déposé, mardi 4 novembre 2001, au Parlement un projet de loi appelant au boycott des produits israéliens au Maroc. Déposé auprès de la Chambre des représentants, ce projet prévoit d’inscrire dans le code de la douane marocaine l’interdiction de toute importation et commercialisation des produits israéliens – qu’ils soient fabriqués en Israël ou ailleurs. Selon des députés, ce projet de loi, transmis à la commission des Finances, est une première dans le monde arabe car le boycottage de produits israéliens avait déjà fait l’objet de résolutions du Bureau arabe de boycottage relevant de la Ligue arabe, mais n’avait jamais été institué par voie législative. Mustapha Ramid, chef du groupe parlementaire du PJD a expliqué que ce projet de loi visait à empêcher « la normalisation des relations commerciales entre des sociétés marocaines et israéliennes et à interdire a toute nouvelle société d’établir des liens avec l’Etat hébreu ». Après la fermeture, par les autorités marocaines, du Bureau de liaison israélien à Rabat en 2000, en protestation contre la politique israélienne dans les territoires occupés, le gouvernement marocain avait indiqué avoir mis fin à toute coopération publique maroco- israélienne, commerciale ou technique. M. Ramid a précisé que le projet du PJD avait été préparé sans aucune « coordination avec les autres partis politiques marocains », tout en notant que ces derniers « ont toujours été d’accord avec le boycottage des produits de l’entité sioniste ». Interrogé par l’AFP, un député socialiste, membre de la majorité gouvernementale, a estimé que ce projet de loi ne pourrait pas être adopté. « Je suis convaincu que ce texte sera rejeté car il est en contradiction flagrante avec les règles commerciales libérales prônées par l’OMC », a-t-il déclaré. A cette déclaration, M. Ramid nous a précisé qu’il s’agit, en fait, de propos annoncés par un membre du gouvernement. Il a, en outre, ajouté que cette proposition n’est pas nouvelle pour son parti, étant donné qu’elle a été précédée par d’autres initiatives. De surcroît, il rappelle les résolutions adoptées par la Conférence du sommet islamique et la Ligue arabe. Pour ce qui est du timing, le député du PJD avance qu’il n’a aucun rapport avec les problèmes internes du Maroc, ni avec les prochaines échéances électorales. «C’est une position qui a été exprimée bien avant l’annonce de la date des prochaines élections ; d’autant plus qu’elle ne vise que certaines entreprises privées démunies de principes qui ne cherchent que le profit et qui sont, par conséquent, indifférentes à l’égard des souffrances et sacrifices du peuple palestinien.

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