Le Ramed manque d’argent : Près de 11,5 millions de bénéficiaires

Le Ramed manque d’argent : Près de 11,5 millions de bénéficiaires

Le manque crucial des ressources humaines constitue actuellement l’un des obstacles majeurs limitant l’efficacité du système de santé.

Le Régime d’assistance médicale au profit des démunis (Ramed) est en difficulté. Les subventions réservées au régime sont insuffisantes vu le nombre très élevé des bénéficiaires. Alors que les premières prévisions du Régime tablaient sur 8,5 millions de bénéficiaires, aujourd’hui ils sont près de 11,5 millions. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la santé, El Houcine Louardi, lors d’une réunion qui s’est tenue jeudi par la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants  sur «le manque des ressources humaines dans le secteur de la santé et l’évaluation de la situation actuelle du Ramed».

Le plus grand défi que devra relever le Ramed est lié à sa pérennité.  Le ministre a expliqué que les dysfonctionnements relatifs à la gestion et à la gouvernance sont liés, notamment, au cumul des prestations de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et du Ramed et à la détention de plus d’une carte Ramed par un même bénéficiaire. Pour faire face à cette situation, la tutelle a pris plusieurs mesures, à savoir la mise en place d’un système informatique intégré et décentralisé, en coopération avec le ministère de l’intérieur et l’Agence nationale de l’assurance-maladie (Anam). 

A ceci s’ajoute la création d’une instance régulatrice indépendante du Ramed, sous contrôle public. Outre les problèmes de financement et de gestion, se pose le problème d’accès au Régime pour les plus démunis, notamment ceux installés dans les régions enclavées où se pose initialement la question de l’accès aux soins. Le ministre a reconnu que plusieurs régions, font face à un manque en services de santé, vu l’insuffisance et la mauvaise répartition des cadres médicaux et paramédicaux et des dispensaires. Le ministre estime que le manque crucial des ressources humaines constitue actuellement l’un des obstacles majeurs limitant l’efficacité du système de santé. Selon les indicateurs du ministère, le Maroc  compte en moyenne 1,5 professionnel de santé pour 1.000 habitants, alors que l’Organisation mondiale de la santé  (OMS) recommande 4,5 professionnels/1.000 habitants.

Non seulement le pays manque de personnel de santé mais la majorité d’entre eux (52%) est répartie entre les villes de Rabat, Casablanca, El Jadida et Kénitra. Louardi a également signalé que le nombre d’infirmiers concentrés dans ces villes ne représente que 32%. Cette situation s’explique par le fait que ces cadres  médicaux préfèrent travailler dans le secteur privé, vu son attractivité. Pour faire face à toutes ces carences, le ministre n’a pas manqué de rappeler au Parlement que le gouvernement a pris plusieurs mesures importantes, à savoir l’augmentation des postes budgétaires consacrés au ministère de la santé,  la signature d’accords de partenariats avec le secteur privé et  la mise en place d’un système de formation, destiné particulièrement au profit des infirmiers.

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