«Le sahara est marocain»

«Le sahara est marocain»

ALM : Comment peut-on qualifier les relations entre les deux pays, essentiellement depuis la chute de l’ancien régime et l’avènement d’une nouvelle classe politique en Irak ?
Abdul Muhsin Mohamed Saeed : Les relations entre nos deux pays sont séculaires. Elles ont été, dès l’indépendance du Royaume en 1956, un modèle du genre, puisque l’amitié, la fraternité et l’entente a toujours caractérisé les relations entre le Maroc et l’Irak. En un mot, je peux vous assurer que les rapports entretenus par nos deux pays seront caractérisés par la continuité dans tous les domaines. Qu’il s’agisse de l’économie, l’agriculture, le pétrole ou la politique. D’ailleurs, sur ce dernier point, le Maroc et l’Irak ont toujours défendu les mêmes idées au sein de la Ligue arabe, de l’Organisation de la Conférence Islamique et du Comité Al Qods dont l’Irak est un membre très actif.
A ce titre, je tiens à vous annoncer que notre administration nous a demandé d’activer la commission mixte maroco-irakiennne. La dernière réunion du genre s’est tenue en 2002 à Rabat et nous espérons très prochainement la reprise de ces réunions de manière régulière.

Vous avez parlé du secteur pétrolier. En vertu d’accords bilatéraux, l’Irak s’est engagé à vendre au Maroc du pétrole à des prix préférentiels. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Bien évidemment, le principe est toujours maintenu et il n’est pas question de le remettre en cause. Vous soulevez la question du pétrole, mais sachez également que le gouvernement irakien achetait des produits de consommation marocains et les mettait sur le marché irakien à des prix subventionnés. Cependant, comme vous le savez, la situation sécuritaire en Irak est telle que la fluidité des marchandises se trouve souvent perturbée. C’est le cas pour le pétrole également. Les pipe-lines font régulièrement l’objet de sabotage. C’est la raison pour laquelle l’Irak trouve, dans les conditions sécuritaires actuelles, des difficultés à assurer un approvisionnement régulier à des pays comme le Maroc par exemple.

Que pensez-vous de l’attitude marocaine officielle à l’égard du nouveau régime en Irak ?
Sincèrement, les réactions positives marocaines, officielles et populaires, mettent du baume au cœur des Irakienss. Personnellement, j’ai souvent l’occasion de parler à des responsables marocains, et à chaque occasion, ils m’affirment que le Maroc est prêt à soutenir l’Irak. La lettre que Sa Majesté le Roi a adressé à Son Excellence le président irakien est claire. De même pour les lettres du Premier ministre, Driss Jettou, envoyées à ses homologues irakiens.

Ceci dit, le Maroc n’a pas encore désigné d’ambassadeur en Irak. C’est un chargé d’affaires qui représentent Rabat à Bagdad. Comment percevez-vous cela en Irak ?
Il est clair que les deux pays traitent au niveau des deux ambassades. Si le Maroc n’a pas encore désigné d’ambassadeur à Bagdad, cela ne veut pas dire qu’il dévalorise l’Irak. Bien au contraire. Je saisis cette occasion pour vous rappeler que le ministère irakien des Affaires étrangères tient à remercier fermement le gouvernement marocain d’avoir laissé ouverte son ambassade en Irak, malgré les difficultés. Et il ne faut pas oublier que le chargé d’affaires marocain en Irak est un ministre plénipotentiaire. D’ailleurs, à part le Bahreïn, si ma mémoire est bonne, aucun pays arabe n’a encore désigné d’ambassadeur en Irak.

Le gouvernement irakien vient d’ouvrir un bureau d’attaché militaire au Maroc. Quel sera son rôle ?
Ce bureau s’intéressera à l’expérience militaire marocaine. Vous savez, l’Irak est un pays qui reprend pratiquement tout depuis le début. Dans le secteur militaire, nous sommes ainsi intéressés notamment par les aspects de l’entraînement et de l’aménagement.
Mais à côté du domaine militaire, il faut rappeler que le Maroc aide énormément l’Irak. Ainsi, une quinzaine de cadres du ministère irakien des Affaires étrangères sont venus dernièrement en formation, ici au ministère marocain des Affaires étrangères. Aussi l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat a reçu 38 ingénieurs et vétérinaires irakiens qui sont venus parfaire leur formation dans le domaine agronomique et vétérinaire.

On parle d’une éventuelle participation des forces marocaines aux côtés des forces multinationales en Irak. Qu’en est-il au juste?
Officiellement, il n’en est pas question. D’ailleurs, la lettre de SM le Roi Mohammed VI est claire. Nous aurions aimé que seules des armées arabes soient présentes sur le territoire irakien, mais il en a été autrement.

Avez-vous des regrets?
C’est une période dépassée. Aujourd’hui, on ne peut plus faire marche arrière.

Y a-t-il, à votre connaissance, des combattants marocains détenus en Irak à Abou Ghraïb?
J’ai lu des informations dans ce sens dans la presse française. Mais comme vous le savez, les centres de détention en Irak sont gérés par les forces américaines. Elles peuvent vous donner plus d’informations.

Quelle est la position de l’Irak sur la question du Sahara ?
Depuis toujours, l’Irak était pour l’intégrité territoriale du Maroc. Cette position est constante et elle ne changera pas.

Pensez-vous que le secteur privé marocain a la possibilité de participer à la reconstruction de l’Irak ?
Nous espérons d’abord le retour de la paix. Certes, les infrastructures de base en Irak sont fortement endommagées. Et l’expertise marocaine peut-être d’un grand intérêt. Mais il ne faut pas oublier que des paysans marocains sont toujours présents en Irak. Malgré toutes les difficultés, ils ont refusé de quitter leurs terres et l’Irak.
Je profite également de cette occasion pour souligner que la communauté Irakienneau Maroc est également fort importante. Il y a des universitaires, des commerçants, des médecins et même une école irakienne. Et ils donnent, tous, une très bonne image de l’Iraq.

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