Le silence contre le bruit des bombes

Le silence contre le bruit des bombes

Faites silence à la mémoire des victimes des attentats du 16 mai. A Casablanca, la minute de silence a été interminable. Elle a été observée dans différents lieux de la ville. A midi précise, des centaines de personnes rassemblées au stade de la Casablancaise et devant la wilaya se sont subitement tues pour rappeler au souvenir de tous les 33 morts qui sont tombés, quand 12 kamikazes ont fait retentir le bruit de la terreur. D’autres se sont groupées à la place du 16 mai, celle-là même que SM le Roi Mohammed VI avait inaugurée en compagnie de José Luis Zapatero.
Devant la stèle commémorative, élevée à la mémoire des victimes, 365 jeunes des associations du réseau Maillage ont revêtu des t-shirt “Matquish Bladi“. Battant des djembés, ils ont répété en plusieurs langues le mot ‘Salam’, avant de lâcher dans le ciel des colombes blanches. Non loin de là, le stade de la Casablancaise a été le théâtre du plus grand rassemblement. De nombreuses associations se sont groupées dans cet espace dès 10 h. Beaucoup d’enfants sont venus pour assister à ce “festival de la tolérance“. Maquillés avec les couleurs nationales et brandissant des drapeaux, ces enfants portaient des banderoles signifiant leur opposition au terrorisme. S’ils étaient des symboles vivants et muets du rejet du modèle de société que les terroristes voulaient imposer aux Marocains, les adultes qui les accompagnaient ont en revanche donné de la voix. Ils ont répété des slogans contre l’obscurantisme.
En raison du soleil de ce dimanche-là, le rassemblement de la Casablancaise pouvait prêter à confusion. On aurait dit une manifestation festive, n’était la teneur des phrases répétées et la mine très affectée des parents des victimes. Parmi les personnes qui ont fait le déplacement au stade de la Casablanca, il y avait Souad Khammal qui a perdu son mari et son enfant dans les attentats de l’année dernière et qui préside l’Association des victimes du 16 mai.
Le quartier sidi Moumen, d’où sont issus les terroristes, n’a pas été non plus négligé. Une matinée pour enfants a été organisée au siège de l’arrondissement de Sidi Moumen. A rappeler que le 16 mai 2003, peu avant 22 heures, Casablanca a été secouée par cinq attentats-suicides quasi-simultanés qui ont fait 45 morts, dont 12 kamikazes, et une centaine de blessés.
Ces attaques ont visé l’hôtel Farah, la Casa de Espana – cercle hispanique où ont péri près d’une vingtaine de personnes -, un restaurant italien situé en face du consulat de Belgique ainsi que des cibles juives comme le Cercle de l’alliance israélite et un ancien cimetière juif.
Les quatorze kamikazes, dont deux ont été arrêtés après avoir renoncé à se faire exploser au dernier moment, avaient cédé aux thèses obscurantistes des semeurs de terreur. La mobilisation de ce premier anniversaire des attentats du 16 mai est une preuve supplémentaire du rejet par les Marocains de la violence.
Elle a été suivie de quelques prières. Certaines personnes ont répété : «Puisse cette minute de silence faire taire à jamais les détonations des explosifs».

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