Le suicide pour un examen

Mardi 28 janvier, Mustapha A. se réveille tôt, fait sa toilette et prend son petit-déjeuner. Ce jour est exceptionnel. Les examens de premier trimestre de l’année scolaire. Vers huit heures, l’élève, qui étudie en neuvième année de l’enseignement fondamentale, arrive au collège Laâyoune dans le quartier El Qaria à Salé. Il passe très bien le premier examen qui porte sur les mathématiques, de 8h 30 mn à 10h 30 mn.
La deuxième épreuve de cette matinée, de 10h 30 mn à 11 h 30 mn, concerne la matière de l’éducation islamique. Et comme à l’accoutumée, dès que tous les élèves s’installent dans leur place, les professeurs chargés de la surveillance leur recommandent de déposer tous les documents au bas du tableau, du côté du bureau du professeur. Formule de nature à empêcher les élèves de frauder lors du test.
Après cette étape, les deux professeurs surveillants distribuent les épreuves de l’examen et demandent aux élèves s’ils n’ont pas compris quelque chose. Aucune question. L’ensemble des élèves se met au travail. Les surveillants circulent entre les rangées, rappelant, de temps en temps, aux élèves que le sort de celui qu’on intercepte en train de tricher est de quitter immédiatement la salle des examens et d’être sanctionné par une note nulle pour la matière en question.
L’examen en cette matière demande des élèves de relater ce qu’ils ont appris, lors des séances de cours auparavant. La seule épreuve où la tentative de fraude est plus forte. Les élèves passent tous leurs temps, lors des préparations, à travailler les exercices de mathématiques, de physique, de sciences naturelles, des langues, de grammaire et laissent souvent de côté les matières qui demandent des efforts de potasser les cours. Mais, ils sont examinés en la matière comme toutes les autres. Là certains étudiants, incapables d’apprendre par coeur, préparent des petits documents minutieusement bourrés, auxquels ils se réfèrent le jour de l’examen. Une pratique qui ne réussit pas toujours. Et elle pourrait avoir des répercussions négatives sur tout le parcours scolaire de l’élève. Et dans ce cas, c’est la catastrophe. Mustapha, dix-huit ans, encore en neuvième année, selon certains élèves de sa promotion dans le même collège, devait probablement penser qu’il était en retard dans son parcours scolaire par rapport à son âge. Et en cas de mauvaise note, surtout un nul, il doit redoubler l’année. Chose qu’il ne pourrait pas digérer.
Pendant la séance de l’examen, toutes ses questions lui passaient par la tête. Perturbé, il n’arrive pas à continuer les épreuves. Vers 11 heures 10 minutes, indique un professeur du même collège, il saute sur la première table, la deuxième, puis la troisième et se jette par la fenêtre de la salle, située au deuxième étage. Il rend l’âme sur le champ dans la cour de l’établissement scolaire. Un drame qui sème la panique au sein de la famille de l’enseignement dans toute la ville.

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