Législatives 2007 : Après la défaite de l’USFP, Mohamed Elyazghi sera-t-il acculé à la démission ?

Législatives 2007 : Après la défaite de l’USFP, Mohamed Elyazghi sera-t-il acculé à la démission ?

L’USFP «restera attachée au choix démocratique, au principe de la réforme progressive et à la contribution agissante au développement du pays». C’est ainsi que le parti de la rose a réagi aux résultats de scrutin du 7 septembre.
Les amis de Mohamed Elyazghi qui ont vu leurs résultats aux élections législatives de 2007 régresser par rapport à 2002, se disent disposés à entamer les démarches politiques «appropriées» à la lumière de la carte politique découlant du scrutin du 7 septembre et cela, en concertation avec leurs alliés de la Koutla et la majorité.
Toutefois, à la lecture d’un éditorial paru mardi 11 septembre sur les colonnes d’Al Ittihad Al Ichtiraki, le quotidien arabophone du parti, celui-ci brandit de nouveau la carte de la réforme constitutionnelle. Ainsi, l’éditorialiste rejette la responsabilité du fort taux d’abstention sur le fait que les pouvoirs de l’Etat se seraient considérablement élargies contrairement à l’esprit de la Constitution de 1996. L’amendement de 1996, voté par l’opposition d’alors, stipulait, rappelle-t-il, un renforcement des pouvoirs de l’institution du Parlement, du Premier ministre et du gouvernement. Ce qui n’a pas été le cas, souligne, en substance, le journal.
Après cette défaite électorale relative, la situation au sein du parti est marquée par l’expectative. Certaines voix sont même allées jusqu’à demander la démission du bureau politique. C’est une tendance représentée notamment par Lahbib Cherkaoui, membre du Conseil national.
M. Cherkaoui a appelé, dans une déclaration à la presse, à une réunion extraordinaire du Conseil national dans deux ou trois semaines en vue d’exiger la démission de l’actuel bureau politique et procéder à l’élection d’une commission provisoire qui prendrait en charge la gestion des affaires du parti en attendant la tenue d’un congrès extraordinaire. Ce rendez-vous qui devrait se tenir, selon M. Cherkaoui, dans un délai de six mois, serait une occasion pour l’actuel bureau politique de rendre des comptes et «justifier cette historique débâcle électorale».
La direction du parti ne souhaite pas commenter cette sortie de M. Cherkaoui. «Au sein de l’USFP, nous n’avons pas d’individus qui décident quoi que ce soit. Ce sont les instances du parti qui tranchent», réplique Abdelhadi Khayrat, membre du bureau politique. Ce dirigeant qui devrait tenir une conférence de presse aujourd’hui, jeudi 13 septembre, à Settat pour dénoncer ce qu’il considère «des infractions relevées lors du scrutin», affirme que des tractations sont engagées au sein des instances du parti.
Pour Abdelkader Bayna, membre du bureau politique de l’USFP, les déclarations de M. Charkaoui rentrent dans le cadre de la liberté d’opinion consacrée au sein du parti. «M. Cherkaoui a exprimé son opinion en toute liberté comme peut le faire chaque membre de l’USFP. La démocratie interne au sein de notre parti le permet», affirme M. Bayna. Et d’ajouter que «Nous sommes un parti démocratique et ce sont les institutions qui décident». La direction du parti de la rose devrait se réunir dans les jours à venir et décider des démarches à entreprendre après les élections électorales. «Le bureau politique est en réunion permanente. Nous sommes en train d’évaluer les résultats et d’étudier les circonstances dans lesquelles s’est déroulé le scrutin», confirme M. Bayna. «Nous allons ensuite appeler à une réunion des appareils du parti qui vont prendre les décisions qui s’imposent», ajoute-t-il.
En outre, et comme tient à le souligner l’USFP dans un communiqué rendu public, «le parti restera toujours au service du peuple, plaçant les intérêts de la patrie au dessus de toute considération, de même qu’il restera attaché aux choix démocratiques, au principe de la réforme progressive». Le parti réaffirme sa volonté d’apporter une contribution «agissante» au développement du pays et à la lutte contre les phénomènes du sous-développement, de la corruption et de la précarité dont souffre encore notre pays. Par ailleurs, le premier secrétaire de l’USFP, Mohamed Elyazghi, avait affirmé dimanche 9 septembre que «la Koutla démocratique sera le groupe politique le plus fort» au sein de la future Chambre des représentants.
Selon M. Elyazghi, ces élections ont fait également ressortir des données importantes, à savoir le renouvellement de la confiance des électeurs dans les partis de la majorité sortante, et partant dans le bilan du gouvernement.

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