Les Abattoirs déménagent

Le transfert aux nouveaux abattoirs, installés dans la Commune urbaine de Sidi Othmane, se prépare dans de « bonnes conditions », assure le président de la Communauté Urbaine de Casablanca, Saâd Abassi. Et d’affirmer que ce transfert « ne se fera jamais au détriment des employés des anciens abattoirs ».
Dans ce cadre, souligne M. Abassi, « 320 ouvriers exerceront dans les nouveaux abattoirs après une formation qui va leur permettre de bien manipuler les équipements de pointe dont sont équipés les nouveaux locaux ». Et d’ajouter que la Communauté Urbaine de Casablanca s’arrangera avec les associations et les représentants des ouvriers et chevillards en vue de trouver une occupation pour les autres. Lors de la signature du contrat de gestion et d’exploitation des nouveaux abattoirs, entre la Communauté Urbaine de Casablanca et la société espagnole Vizcaino Gypisa Bejar Maroc, le président de la Communauté urbaine, avait assuré publiquement les professionnels que le transfert s’effectuera sans causer des dégâts, notamment sur le plan social.
Toutefois, les professionnels du secteur restent vigilants. Ils ne cachent pas leur colère à propos de la disparition de certains métiers traditionnels. Le traitement des tripes par exemple ne se fera pas de la même manière. Le système de pesage non plus. La mécanisation de tout le processus engendrera la perte de plusieurs emplois traditionnels. Les professionnels soulignent que les 320 postes qu’offrent les nouveaux locaux ne représentent qu’à peine la moitié de l’effectif actuel des anciens abattoirs. Selon une enquête menée dans ce sens, l’effectif des personnes travaillant actuellement dans les anciens abattoirs est de 590, soit 240 entrepreneurs et 350 ouvriers.
L’enquête précise également que sur les 240 entrepreneurs, 19 % ont 40 ans, soit 45 personnes, 32 % ont atteint l’âge de 50 ans et 49 % ont dépassé la cinquantaine. Pour les ouvriers, la même enquête révèle que 77,17 % des ouvriers ont 40 ans, 17 % ont atteint l’âge de 50 ans et 5 % ont dépassé l’âge de la cinquantaine. En novembre dernier, le wali du grand Casablanca, Driss Benhima, avait fait savoir que tous les problèmes sociaux de ce transfert seront abordés dans le cadre d’une commission qui réunira les opérateurs du secteur, chevillards, entrepreneurs d’abattage, transporteurs, bouchers, tripiers et autorités locales. Il est à souligner que le contrat avec Vizcaino Gypisa Bejar Maroc a introduit certains concepts nouveaux. La durée du contrat est fixée à cinq ans seulement, durant lesquels la ville acquerra l’expérience nécessaire dans le domaine. Ce qui lui permettra d’améliorer encore les clauses du contrat.
En outre, l’abattage est considéré comme étant un service public, ce qui impose des responsabilités strictes, car l’accord n’est plus seulement commercial. La Communauté urbaine de Casablanca a le droit de regard et d’intervenir en cas de mauvaise gestion comme elle a procédé dans le cas de la gestion, par certaines sociétés privées, des espaces de jeux et de divertissement.
Il faut dire qu’en matière d’abattage, la capitale économique avait tellement besoin de ces nouveaux locaux pour accompagner, d’un côté, l’évolution démographique de la ville et, d’un autre, pour mettre un terme aux problèmes de la salubrité provoqués par les anciens abattoirs, et aux difficultés d’approvisionnement de la ville, engendrant l’abattage clandestin.

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