Les caisses trouées des tribunaux

Les caisses des tribunaux sont installées au niveau de chaque tribunal régional. Elles centralisent trois produit : les frais de justices, les frais de dossiers (expertise) et les produits des exécutions judiciaires. Mais on y trouve de tout. Les dépôts de sommes dues par des personnes (loyer, prêts, etc.) aux biens trouvés sur une personne décédée sur la voie publique. Elles sont gérées par le secrétaire-greffier en chef. Un commissaire judiciaire qui dispose du droit de signature.
Le ministre de la Justice, répondant à une question orale d’un député, a fait le bilan de quatre années d’enquête ponctuelles et le travail d’investigation accompli, suite surtout à des plaintes et à des requêtes de victimes. Mais l’affaire n’est pas vraiment nouvelle. Les villes d’Oujda, de Casablanca et de Marrakech ont connu, lors des trois dernières années, des détournements de fonds des tribunaux.
Des poursuites ont été engagées contre les personnes délictueuses. Sur les 24 caisses, objet de contrôle, 25 présentaient un déficit. D’autres caisses sont l’objet de contrôle. 45 personnes ont été mises en cause et ont été poursuivies. Une majorité d’entre eux en état d’arrestation. 38 fonctionnaires de la Justice et 7 avocats. 31 millions de dirhams ont été détournés, en 3 à 4 ans. C’est le manque de contrôle judiciaire ou la manière avec laquelle il était opéré qui ont favorisé l’amplification des détournements de fonds au niveau de ces caisses. D’ailleurs, les commissions de contrôle ne bougeaient que quand ça sentait le feu.
Pourtant les anomalies n’étaient et ne sont pas rares. Bien des justiciables se plaignent des préjudices causés par certains avocats véreux et leurs complices dans l’administration judiciaire. Le ministre Mohamed Bouzoubaâ a déclaré avoir instauré un nouveau système de veille et de contrôle des fonds. Un travail de structuration et de suivi est promis. En profondeur.
Pour l’instant, il y a des caisses à visiter encore et ne pas attendre que le préposé se contente de répliquer aux personnes qui réclament leurs dus qu’il faudra saisir le ministère de la Justice ou attendre que le tribunal comble le déficit financer pour pouvoir rembourser les justiciables. Car Dame justice doit, avant tout autre institution, donner l’exemple de la transparence pour conforter le commun des mortels dans la conviction des changements en cours.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *