Les dangers guettent nos forêts

Le 21 mars, de chaque année, depuis 1971, le Maroc, à l’instar de la communauté internationale célèbre la journée mondiale de la forêt. Cette manifestation est une occasion pour dresser un bilan sur l’état des lieux de notre patrimoine forestier national et d’évaluer l’importance et le rôle de la forêt et de la foresterie dans la vie quotidienne de l’homme et de mesurer surtout l’ampleur des dangers qui menacent ce patrimoine.
Selon des chiffres officiels, entre 1960 et 1995, la moyenne annuelle des surfaces incendiées au niveau national est de l’ordre de 2700 hectares. Aujourd’hui entre 0,1 et 1 % de la superficie du patrimoine forestier national disparaît chaque année. Ce phénomène est dû essentiellement au défrichement de terres au profit de l’agriculture, l’exploitation outrancière de ce patrimoine, les années successives de sécheresses et la multiplication des incendies. Des centaines d’hectares disparaissent chaque année.
Entre 1967 et 1987, dans la région du Rif, pas moins de 40 % de la superficie forestière a disparu au profit de la culture du kif.
La forêt de Maâmoura, la plus grande forêt de chêne-liège dans le monde, continue de subir des ravages. Le fait qu’elle soit limitrophe des régions, très peuplées, pratiquant des activités agricoles au faible rendement, reste la plus touchée par le phénomène de la dégradation. Ce phénomène s’aggrave encore davantage par la multiplication de ses arbres atteints de différentes maladies, de parasites ou d’assèchement en plus de vieillissement.
Dans la région du Gharb-Cherarda-Béni Hsein, un patrimoine forestier, constitué d’eucalyptus, de pin et d’acacia, sur une superficie d’environ 90.000 hectares, et chêne-liège, une superficie de 47.000 hectares, subit les mêmes ravages, provoqués principalement par le développement urbanistique des villes avoisinantes et, notamment, l’érosion du sol.
L’arganier qui représente plus de 7 % du couvert forestier national n’a pas échappé à la menace. La surexploitation provoque la disparition, à la vitesse de 600 hectares par an, des milliers d’hectares d’arganiers. La densité est ainsi passée de 100 arbres par hectare en 1958 à environ 40 par hectare en 1998.
Pour freiner ce phénomène, le gouvernement a mis en place un programme forestier national et un plan de prévention et de lutte contre les incendies de forêts. Sur une période d’exécution de dix ans, 2001-2010, ces initiatives demandent un budget qui s’élève à 2,23 milliards de dirhams.
Il faut dire que la forêt joue un très grand rôle dans la vie de l’homme. Un rôle économique et écologique. Et c’est à l’homme que revient la responsabilité de sauvegarder ce patrimoine. Un poète avait dit «l’arbre qui vit, c’est la nation qui assure sa pérennité». Et la pérennité de l’arbre, c’est la pérennité de la forêt qui offre à l’homme le meilleur espace pour se retrouver dans la nature.

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