Les familles échangent les accusations

Les familles échangent les accusations

L’affaire désormais connue sous le nom du « drame de Rabat » continue de hanter les jours et les nuits de beaucoup de monde. L’enquête se poursuit, certes, mais jusqu’à présent, l’énigme reste entière. Personne ne peut clairement répondre à la question : pourquoi Hicham Alami Hassani a-t-il égorgé ses deux enfants avant de mettre fin à ses jours ? Un double infanticide suivi d’un suicide.
Selon des sources policières, le psychiatre qui traitait Hicham est en passe de remettre son rapport sur l’état mental de son patient au juge d’instruction en charge de l’affaire. Grâce à ce rapport, les enquêteurs et les proches des disparus pourront peut-être comprendre les raisons qui ont poussé Hicham à commettre son forfait.
En attendant, rien ne va plus entre la famille de Hicham, d’une part, et celle de Samia, d’une autre. Cette dernière affirme qu’elle n’a plus aucun rapport avec les parents et les frères de Hicham. Elle ne veut même plus entendre parler d’eux. Pourquoi? La raison est simple. Samia considère que « l’enfance troublée de Hicham est à l’origine de ses troubles psychiques ».
Hicham, pour lequel les proches de Samia refusent le qualificatif de « Marhoum », assistait régulièrement à des scènes où sa mère était victime de la violence de son mari. « Chose qu’il a reproduit par la suite avec moi », poursuit Samia.
Faut! lance Khalid, le propre frère de Hicham. La gorge nouée par l’émotion, Khalid assure, dans un entretien accordé à ALM, que ses parents ont toujours vécu dans une parfaite harmonie et son frère aimait énormément ses enfants, sa famille et la vie. Ne trouvant aucune explication logique aux « allégations » de Samia, Khalid souligne que sa famille et lui-même font entièrement confiance dans la justice marocaine. « Même si le drame dépasse toute imagination, nous sommes farouchement convaincus que la vérité finira par éclater ». D’ailleurs, « je ne comprends pas toute cette haine de la part de Samia et de sa famille ».
Et d’ajouter que « Hicham ne nous a jamais informés qu’il consultait un psychiatre ». Sur ce point, Samia et ses proches sont catégoriques. « Nous avons une ordonnance du docteur Benchekroune dans laquelle il prescrit des médicaments antidépresseurs à Hicham », affirme un proche de Samia.
En fait, selon ce dernier, Hicham souffrait d’un dédoublement de personnalité. « Il a, à maintes reprises, menacé sa femme avec l’arme blanche ». Probablement le même couteau avec lequel il est passé à l’action. Mais pourquoi Samia n’a-t-elle pas alerté la police? « J’ai tout fait pour préserver ma famille », dit-elle. « Ma famille n’était jamais au courant de mes problèmes avec Hicham. La seule personne avec laquelle je parlais des troubles de Hicham, c’était sa mère qui vit à Casablanca ». Mais cette dernière, poursuit Samia, me tournait continuellement en bourrique, me lançant au visage: Mon fils n’est pas fou et ne le sera jamais ». En discutant avec Samia et ses proches, on comprend aisément que leur ennemi numéro un est sans doute la mère de Hicham. « Elle lui prenait tout son argent », souligne Samia. Hicham devait, toujours selon les dires de Samia, « passer à la caisse ». Et même quand il ne travaillait plus, c’est-à-dire depuis juin dernier, c’est le salaire de Samia que Hicham partageait mensuellement avec sa mère. D’ailleurs, cette dernière serait propriétaire d’un bar malfamé à Casablanca, situé dans l’intersection des boulevards Zerktouni et Anfa. « Tous ces mensonges sont sans aucun fondement », soutient Khalid, le frère de Hicham. « Ma mère ne sort pas de chez elle et mes parents font leur Omra comme de bons musulmans ». Khalid assure qu’il ne ripostera pas aux accusations de Samia et de sa famille. Pour ce qui est des rumeurs au sujet de l’infidélité de Samia, Khalid estime qu’il n’y a pas de fumée sans feu. « Mais réellement, nous n’avons pas la tête à cela. Un test ADN pour prouver la paternité de Hicham ne le ramènera pas », affirme Khalid. Concernant le fameux enregistrement que Hicham aurait laissé avant de passer à l’acte, les familles n’ont pas encore eu connaissance officielle de son contenu. Mais déjà, les proches de Samia affirment que Hicham aurait laissé un mot doux pour sa femme. En tout cas, si Hicham était véritablement atteint mentalement, au point de mettre fin à ses jours, on comprend difficilement comment il aurait pu égorger, de sang froid, ses propres enfants. Certains pensent d’ailleurs que même les praticiens les plus chevronnés auront du mal à résoudre cette énigme. Justement, si Hicham était psychiquement instable, capable de commettre le pire, pourquoi ses psychiatres n’ont pas alerté la police ? Pour le moment la vérité sur cette tragédie se perd dans les méandres des accusations échangées par les deux familles. Dramatique.

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