Les faux exorcistes démasqués démasqués

Mohamed et Abdelmjid, deux fkihs, la quarantaine, errent à travers les douars, les madchars et les villes en quête d’un croyant en charlatanisme. Lorsqu’ils le trouvent, c’est le vrai trésor pour eux. « Oui on exhume les trésors qui sont sous la surveillance des diables depuis des centaines d’années, tu dois nous verser mille dirhams pour acheter des encens » disent-ils à Abderrahman. Abderrahman est un commerçant de Midelt. Il a rencontré par hasard, les deux fkihs à Marrakech. D’un mot à l’autre, il leur explique qu’il avait rêvé de trouver des bijoux en or derrière sa maison au douar. Ils l’accompagnent après s’être mis d’accord sur une somme de dix mille dirhams. Avant l’aube, au lieu où l’on croit que le trésor est enterré et gardé par les diables, Abdelmajid psalmodie des prières, récite des versets du Coran à haute voix. Mohamed tombe par terre, s’agite, se tord par des convulsions, vocifère et crie: »Non, non, vous ne devez pas rester ici, ce n’est pas vos trésors, ce sont les miens, dégagez, déménagez de ces lieux, ne restez pas, je vous exorciserai calmement ou avec force ». Mohamed ordonne à Abderrahman de rentrer chez lui: »Il ne faut pas rester là, parce que tu n’es pas un vrai croyant…Tu seras possédé par le diable allez va-t-on ». Abderrahman retourne chez lui. Les deux fkihs enterrent des morceaux de cuivre et rejoignent Abderrahman. Le lendemain, presque au même temps que la veille, ils se rendent au même lieu. Abdelmajid psalmodie une prière, crie: »sortez de là, sortez, le trésor est à nous ». Ils creusent, creusent profondément, jusqu’à l’apparition des morceaux de cuivre. »Le voilà le trésor, le voilà, mais il est toujours sous la surveillance des deux diables, Mira et Hammou, sortez, on lira le Coran pour vous brûler », crie Abdelmajid. « Éloignes-toi ne restes pas là, ils veulent te tuer parce que c’est toi qui nous a emmené ici » Abderrahman retourne chez lui, tremble de peur, attend l’arrivée des deux fkihs. Mais,ils ne lui ont plus donné signe de vie. Ils ont réapparu à Marrackech. Là, ils ont rencontré un homme, bien habillé, en compagnie de son fils, de vingt-quatre ans, souffrant d’une maladie psychique. « Ton fils est possédé par les Jnounes » le surpris Abdelmajid sans se présenter à lui. « Oui je sais et l’on était à Bouya Omar », lui répond l’homme qui demeure à Tanger. Ils l’accompagnent à Tanger. Il les accueille, il mit une voiture et un chauffeur à leur disposition. Ils restent deux jours sans rien faire. Le troisième jour , ils demandent à S.E.D. de leur apporter un coq gras noir : « Tu le prépares sans sel et le jettes entre la prière d’El maghreb et l’îchaa dans un terrain vague et impropre et ton fils sera exorcisé Inchallah ». Saïd exécute l’ordre des fkihs, leur verse cinq mille dirhams, les emmène jusqu’à la gare routière, leur ajoute cinq cents dirhams. Quelques jours plus tard, Saïd se réveille de son sommeil, dépose une plainte. La police judiciaire de Tanger avait la chance que les deux fkihs n’ont pas encore quitté la ville. Ils cherchaient d’autres victimes. La chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Tanger les a condamnés à trois ans de prison ferme assortie d’une amende de deux mille dirhams chacun.

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