Les fontaines de la discorde à Casablanca

L’eau potable des fontaines publiques à Casablanca sera facturée. Ou ne le sera pas, à cause de l’absence du réseau de l’alimentation des ménages situés dans les quartiers populaires mais aussi en raison du faible pouvoir d’achat des familles de ces quartiers. Telle est la question qui se pose maintenant dans le contexte casablancais. Dans le premier cas, on expliquera la décision par le fait que les 574 fontaines, installées dans le périmètre de la capitale économique, consomment environ cinq millions de mètres cubes par an. Consommation, jugée excessive, à cause de l’anarchie qui sévit et l’utilisation irrationnelle de ces sources. Ce qui occasionne une lourde facture payée par les communes de Casablanca. Cinq milliards de centimes par an en vue d’alimenter 400 carrières et environ dix-neuf quartiers vétustes.
Selon certaines informations, les autorités étudient actuellement la possibilité de facturer la consommation des fontaines en question ou leur suppression. Mais comment ? Et quelle sera la procédure en l’état actuel des choses ?
Les mêmes sources avancent l’éventualité d’installer un gardien pour chaque fontaine pour facturer les litres d’eau consommés par chaque habitant, formule qui existe dans le monde rural et dans certains pays africains.
Du côté de la communauté urbaine de Casablanca, CUC, son président Saâd Abbassi souligne qu’il appartient aux différentes communes de Casablanca de décider la suppression ou la facturation. Selon le dahir de 1976, ajoute-t-il, le conseil de chaque commune, lors de ses sessions, a les attributions d’inscrire le point en question à l’ordre du jour, de l’étudier et de voir ensuite l’avis de la majorité.
Il faut dire que la formule de surveillance exige beaucoup de dépenses. 574 fontaines demandent un nombre identique de gardiens et peut-être plus, permanence, absence, départs en congés, etc. Si les communes payent leurs rémunérations, la facture ne sera pas du tout allégée. Pour le gaspillage, les campagnes de sensibilisation à l’économie de l’eau apporteront certainement de bons résultats, si vraiment gaspillage il y a.
Pour l’alternative de la suppression de ces sources, force est de constater qu’elle reste écartée, lorsqu’on sait l’architecture de certains vieux quartiers et le pouvoir d’achat de leurs populations. La majorité des familles ne sera jamais en mesure de payer les frais d’installation et les autres dépenses occasionnées pour le branchement au réseau de l’alimentation, même avec des réductions.

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