Les plantes, les herboristes et la médication

En plus de l’utilisation traditionnelle des plantes médicinales, la formulation de plus de 30 % de médicaments est extraite des plantes. Dans bien des cas, les patients atteints des mêmes maladies se présentaient aussi au service de consultations externes des centres de santé locaux.
De fait, étant donné que tant les hôpitaux que les guérisseurs traitaient jusqu’à 70 % des maladies, il est logique de conclure que « les herboristes et d’autres guérisseurs traditionnels jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité de vie et le maintien de la santé dans les régions rurales », déclare Haj Thami Chtioui, herboriste à Casablanca.
Toutefois, les chercheurs ont observé que la préparation des herbes médicinales était rudimentaire et coûteuse, voire qu’elle menaçait la survie de certaines espèces végétales. Le marché Jmiâa à Derb Soltane El Fida, est reconnu pour être un grand fief des herboristes de Casablanca. Sur place, la nuance est de taille. Les nombreuses espèces de plantes étalées ou accrochés en pendaison imposent un certain nombre de questions en ce qui concerne l’hygiène et le degré de nocivité.
Le risque de tomber sur des plantes périmées reste fort présent malgré les confirmations des propriétaires du contraire. Seul le vendeur connaît les noms et les variétés des plantes qu’il expose, et à quoi elles servent. Karouia, Yazir, Bsibissa, Lssane Ettair, et ainsi de suite, en une liste interminable de termes très spécifiques. La seule issue est de faire confiance dans les propos du vendeur. Mais à côté des plantes sévissent plusieurs peaux d’animaux (hyène, renard, certains rongeurs nocturnes) pour usage de charlatanisme et autres utilités relatives à toute sorte de magie noire et marabouts. Au marché central du Bd Mohammed V, un herboriste est très fréquenté pour l’efficacité de ses produits, notamment le miel. Mais le phénomène ne se limite plus à ces vendeurs traditionnels.
Depuis quelque temps, une autre catégorie d’herboristes ambulants sillonne les quartiers populaires avec leurs tables gorgées de bouteilles pleines de produits en poudre avec une étiquette indicatrice des maux ciblés ( ulcères, rhumatismes, asthme, impuissance, reins, intestins, hémorroïdes..). Bref, pas moins d’une vingtaine de bocaux pour chaque table. Ils prospèrent surtout devant les mosquées, les vendeurs étant tous barbus et habillés à l’orientale (dichdacha et bonnet). C’est peut-être à cause de la propagation de cette activité informelle que le premier congrès national sur les plantes médicinales a eu lieu à Oujda au début du mois de mai dernier. Environ 200 participants (médecins, chercheurs, pharmaciens et herboristes) ont pris part à cette manifestations organisée par la ligue nationale des herboristes du Maroc et l’unité de recherche et de formation en physiologie et pharmacologie (science de la pharmacie) relevant de la faculté des sciences d’Oujda. L’objectif de cette rencontre est d’initier un dialogue entre les parties concernées sur la phytothérapie d’autant que le traitement des maladies par les plantes médicinales ne cesse de se répandre dans le monde.
En France par exemple, La demande de soins par les plantes a plus que doublé ces dix dernières années. Plus de 85% des plantes actuellement consommées dans ce pays sont importées. Les soins par les plantes sont d’un coût de revient bien inférieur à celui des médicaments de synthèse. Non seulement, il existe une forte demande de plantes médicinales, mais de nombreuses personnes souhaitent s’y initier cultures, productions, contrôles sanitaires, recherches, laboratoires (phytopharmacie, cosmétologie, diététique, industries de parfum…) ethnobotanique, technico-commercial…

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