Les responsables doivent démissionner

Aujourd’hui Le Maroc : Quel commentaire faites-vous de l’affaire des 30.000 emplois et des jeunes qui ont été floués ?
Mohamed M’jid : On ne peut, une fois de plus, qu’être scandalisé par cette nouvelle affaire dévoilée à un moment où le Maroc a besoin de toute sa sérénité pour faire face à tous ces chantiers qui s’ouvrent en même temps : le 27 septembre, c’étaient les élections.
Le 9 octobre, la désignation par SM le Roi de Driss Jettou comme Premier ministre et les tractations, le marchandage des partis ou plutôt de ceux qui courent derrière les maroquins plutôt que derrière le Marocain.
Nous sommes aujourd’hui le 24 octobre et nous n’avons pas encore finir de voir les tympans crevés par la rumeur. Là, on ressort l’affaire An-Najat. Cette affaire a déjà été signalée par la presse et notamment par votre quotidien depuis un certain temps déjà.
Mais, justement, est-ce que cela n’aurait pas dû sonner comme un signal d’alarme ?
Nos ambassadeurs dans différentes capitales ont attiré l’attention sur cette société. Qu’a-t-on fait au sein du gouvernement ? La politique du chaud et du froid. N’a-t-on pas dit même à la télévision que c’est une affaire saine, qui constitue une bouée de sauvetage pour nos jeunes ? Alors, cette baudruche, après les élections législatives, est crevée et l’on se trouve maintenant devant un problème grave : l’opinion publique pose certaines questions… Qui a recensé ces jeunes ? Où les a-t-on rencontrés ? Qui les a rencontrés et interviewés ? Qui a établi le contrat, si contrat il y a ? Pourquoi est-ce que c’est le jeune qui paie les frais de la visite médicale ? Pourquoi une seule clinique ? On a besoin de réponses précises. Il s’agit là d’une grave affaire dont les retombées viennent aussi ternir l’image de notre pays à l’étranger.
Qui, selon vous, aurait dû s’acquitter des frais de la visite médicale ?
En principe, cette visite médicale, compte tenu de la situation sociale de ces jeunes, aurait dû être supportée par l’employeur ou par les hôpitaux publics ou par les polycliniques, qui sont des organismes d’Etat. Parce que ces jeunes ont eu, en plus des 900 dirhams de la visite médicale, les frais d’approche, ils sont venus de toutes les régions du Royaume. Plus peut-être des dessous de table…
On parle d’une indemnisation promise par le gouvernement…
Le gouvernement, débordant d’intelligence, et à la veille de son départ, de générosité au détriment du contribuable.
Parce que, paraît-il, il faut indemniser ces jeunes. Pourquoi ne pas les faire rembourser par ceux qui ont empoché? Là, il y a un ministère et un organisme, l’ANAPEC, qui sont à l’origine ou sérieusement impliqués dans cette affaire. Dans un gouvernement normalement constitué, on doit ouvrir une enquête par l’intermédiaire du parquet, demander aux responsables de démissionner de leurs fonctions et remettre leurs dossiers à la Justice.
Et les jeunes dans tout cela ?
Oui, c’est vrai : maintenant, qu’allons-nous faire de ces jeunes, victimes de l’arnaque, dont sûrement les parents ont dû faire des sacrifices? Les rembourser, leur trouver un emploi, mais où ? et c’est là où l’on n’arrêtera jamais de répéter que dans ce pays, les responsables ne sont pas responsabilisés.

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