Les sinistrés s’installent dans la précarité

Les sinistrés s’installent dans la précarité

Les sept familles du quartier Moulay Al Hassan, plus connu sous le nom Marshan, viennent d’être relogées au Plaza Toro. Les autres victimes ont été recueillies par leurs proches en attendant une solution qu’ils espèrent dans un délai assez bref.
Le drame a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, lorsque 25 maisons se sont écroulées. Les habitants ont été avisés qu’ils devaient quitter leurs habitations à la suite des fissures dans les murs. Dans une déclaration à ALM, Soulma Taoud, première vice-présidente du conseil de la ville de Tanger, a précisé que «les habitants nous ont signalé que les fissures ont commencé à apparaître juste après les travaux de terrassement effectués par un chantier sur la route de Merkala. Les maisons se situent sur une pente dans le plateau de Marchan et la plupart d’entre elles ont été construites clandestinement. Dans un premier temps, nous avons chargé le LPEE (Laboratoire public d’essai et d’études) d’examiner la situation. Les premiers résultats ont indiqué que les maisons menaçaient de s’effondrer. Ainsi, les habitants ont été avertis et priés de quitter leurs domiciles. Bien sûr, nous avons pris contact avec la société immobilière espagnole présumée être la cause des fissures afin d’indemniser les habitants. Entre-temps le drame s’est produit et nous remercions Dieu qu’il n’y a pas eu de morts ou de blessés», nous confie Mme  Taoud avant d’ajouter que «les élus et les autorités se sont rendus sur les lieux juste quelque temps après l’effondrement. Les habitants ont affronté le drame avec courage et responsabilité, puisqu’ils étaient informés des résultats de l’expertise du laboratoire LPEE et vivaient en fait sur le qui-vive».
Le Plaza Toro a donc été aménagé pour abriter les familles sinistrées. C’est un site historique construit au temps où Tanger était sous le statut international et abritait les spectacles de Corrida.
Or, la plupart des habitants sinistrés ne cachent pas leur mécontentement concernant cette dernière décision : «Nous habitions dans des maisons spacieuses R+1 ou R+2 et nous nous trouvons du jour au lendemain tels des réfugiés vivant dans un lieu nullement prévu à cet effet, sans la moindre intimité. Le Plaza Toro a servi ces derniers temps pour abriter les Subsahariens candidats à l’émigration clandestine. Notre dossier s’ajoutera à celui des sinistrés du quartier Hafa et d’autres bidonvilles de la ville qui attendent toujours d’être relogés», nous confie un des sinistrés du quartier Moulay Al Hassan.
Questionnée sur le sort de ces sinistrés, Mme Taoud a précisé que les autorités et le conseil de la ville ont mis le Plaza Toro à la disposition des habitants sinistrés du quartier Moulay Al Hassan : «J’estime que nous avons fait en sorte que les sinistrés ne manquent de rien. Nous avons nettoyé les lieux et donné deux chambres à chaque famille. Bien sûr, c’est une solution provisoire de deux à trois jours. Nous sommes en discussion avec la société espagnole présumée victime de l’effondrement pour les indemnisations. Elle les aiderait à louer pendant une durée maximum cinq mois, le temps de chercher du terrain pour la construction des maisons», conclut-elle.
D’un malheur à l’autre, les sinistrés sont donc invités à prendre leur mal en patience et à compter sur les autorités de la ville pour un relogement décent.

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