Libye : Human Right Watch note un «progrès limité»

Libye : Human Right Watch note un «progrès limité»

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Right Watch (HRW) a noté «des progrès limités» dans le domaine des droits de l’Homme et de la liberté de la presse en Libye, dénonçant toutefois une «atmosphère répressive», dans un rapport présenté, samedi, à Tripoli. «Des progrès limités sont en cours en Libye, avec une liberté d’expression plus large et un projet de réformes du code pénal, mais les lois répressives continuent d’étouffer l’expression, et les abus commis par l’Agence de sécurité intérieure demeure la norme», a noté HRW.
L’organisation a présenté son rapport pour la première fois à Tripoli, en présence de journalistes, de diplomates occidentaux et de représentants des familles des victimes du massacre de 1996 à la prison d’Abou Slim, dans la capitale, au cours duquel au moins 1.200 prisonniers ont été tués par les forces de l’ordre, selon HRW.
Tom Malinowski, directeur du bureau de HRW à Washington, a précisé à la presse que d’autres représentants des familles des victimes qui résident à Benghazi (1.000 km à l’est de Tripoli) avaient été empêchés de se rendre à la conférence et interrogés par les forces de sécurité.
La directrice de HRW pour le Moyen-Orient, Sarah Leah Whiston, a estimé toutefois qu’une «évaluation publique du dossier des droits de l’Homme en Libye aurait été impensable il y a quelques années, ce qui reflète, selon elle, un élargissement du débat public dans ce pays». Mme Whiston a appelé par ailleurs le gouvernement libyen à réviser son code pénal pour permettre à tous les Libyens d’avoir un débat public sans crainte de sanctions pénales et à arrêter d’emprisonner ceux qui critiquent le gouvernement.
Dans son rapport, HRW note une «évolution importante» dans le dossier du massacre d’Abou Slim après que la justice eut ordonné en juillet 2008, au gouvernement -qui niait le massacre- de révéler le sort des prisonniers. Depuis, les autorités ont commencé à délivrer des certificats de décès aux familles et leur ont proposé 200.000 dinars (environ 164.000 dollars) de compensation pour chaque famille. La plupart des familles de Benghazi, d’où de nombreux prisonniers étaient originaires, ont refusé cette offre, exigeant une enquête sur les circonstances du massacre et la punition des responsables.
Assistant à la conférence, Abdessalem Laaribi a affirmé avoir perdu son frère dans le massacre. «Les autorités nous ont informés de sa mort quinze ans après. Nous n’avons pas reçu sa dépouille et n’avons pas été informés des raisons de sa mort», a-t-il dit dans un des rares témoignages publics sur cette affaire. «Nous voulons que la justice soit rendue et que les responsables soient punis», a-t-il dit. HRW dénonce un harcèlement policier des familles des victimes et appelle les autorités à rendre publics les résultats de l’enquête sur le massacre et à juger les responsables.

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