L’instruction s’accélère

Il n’a pas fallu plus d’une dizaine de jours d’instruction préliminaire au juge de la troisième chambre d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca, Najem Bensami, pour entamer l’instruction détaillée dans l’affaire des attentats du 16 mai. Lundi matin, quatorze candidats-kamikazes sont passés devant lui. Il s’agit de Saïd N’Kiri, 27 ans, employé, Mohamed Sadouk, alias «Abou Bilal», 25 ans, marchand ambulant, Rachid Abdellah, alias «Ould Meskini», 33 ans, marchand ambulant, Hicham Ouafik, alias Kazderi, 27 ans, soudeur, Jaouad Chahid, alias «Abou Salama», 29 ans, employé, Othmane Fares, alias «Sebbagh», 23 ans, peintre en bâtiment, Abbès Lamkharbèch, alias «Chouay», 35 ans. Faisaient également partie du lot Sidi Ali Boueri, alias «Abdelali», 28 ans, marchand ambulant, Mohamed Rafiî, alias «Alfalestini», 23 ans, herboriste, Mahjoub Guremate, alias «Ould Driss», 21 ans, tailleur, Khaled Aït Chihab, alias «Abou Adil», 23 ans, soudeur, Aziz Chafiî, 23 ans, étudiant universitaire et Abdellatif Amrine, alias «Abou Hamza», 25 ans, sans profession. Par ailleurs, le juge de la troisième chambre avait entamé vendredi l’instruction détaillée avec le recruteur des kamikazes, Abderrazak Rtiwi, et les candidats-kamikazes Mokhtar Baoud, Abdelghani Chafiî, Brahim Âcheri et Khalid Mourassil. Il en avait fait de même avec Rachid Jalil et Yassine Lahnech lors d’une précédente audience. Ce court laps de temps entre les deux instructions, préliminaire et détaillée, s’explique, selon des sources concordantes, par la volonté des autorités judiciaires d’ouvrir le plus tôt possible le procès des attentats du16 mai. Par ailleurs, un dixième groupe d’adeptes de la Salafiya Jihadiya impliqués dans les attentats devait être déféré, hier soir ou aujourd’hui, devant le procureur général près la Cour d’appel de Casablanca.
Concernant Abdelaziz Benyaïche, arrêté, samedi dernier dans une pension à Algésiras, trois jours après le lancement contre lui d’un mandat d’arrêt international par les autorités marocaines, celui-ci avait été dénoncé par Richard Antoine, l’émir français arrêté dans le cadre de cette affaire et présenté dernièrement devant le juge d’instruction avec dix personnes de sa cellule. Pour sa part, Abdelaziz Benyaïche est le fils d’une famille aisée de Tanger qui «s’habillait à la mode», affirment des sources concordantes. Marié à une Anglaise, il séjournait à Londres, en Angleterre. Puis, il a tout laissé tomber pour se jeter dans les ténèbres de l’obscurantisme. Il a ainsi influencé son frère, Abdellah, qui a rejoint les «Marocains Afghans» en Afghanistan pour le “Jihad“ sans retour. Abdellah a été tué à Tora Bora, suite aux bombardements américains qui ont anéanti le régime des Talibans.  A propos d’Abdelaziz Benyaich, une dépêche de l’AFP précise que ce “Marocain d’origine et Français par son mariage était déjà connu des services français. Il avait été interpellé par la Direction de la surveillance du territoire française en février dernier, à son retour de Tchétchénie. Décrit comme un homme qui «voyage beaucoup», Benyaich était resté 48 heures en garde à vue (qui peut, en France, aller jusqu’au double en matière de terrorisme ou de stupéfiants), avant d’être remis en liberté, son audition n’ayant rien apporté».
Par ailleurs, Hicham Temsamani Jad, alias «Rouaïm», qui fait partie de la dernière liste de cinq membres de la Salafia Jihadiya recherchés, aurait pris la poudre d’escampette depuis quelques mois déjà en direction de l’Espagne, apprend-on de sources proches de l’enquête. Temsamani, ajoutent les mêmes sources, est un Tangérois qui, avant de s’enfuir, avait épousé la veuve de Souhaïb Zemzami, le frère de Abdelabari Zemzami, le célèbre prédicateur de la mosquée Ould El Hamra à Casablanca.
Les interpellations, arrestations et recherches se poursuivent toujours à travers les différentes villes marocaines, notamment à Casablanca, Fès et Tanger. Dans cette dernière, apprend-on de sources concordantes, la police a appréhendé d’autres personnes appartenant à la cellule du Français Richard Antoine. Ces personnes seront déférées devant le procureur général près la Cour d’appel de Casablanca.

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