Loi sur les partis : l’Istiqlal entame sa mue

C’est un Abbas El Fassi déterminé et plein de confiance qui s’est exprimé, vendredi après-midi au siège du parti de l’Istiqlal, devant un large panel de journalistes. A l’issue du troisième congrès extraordinaire du parti, tenu le 11 janvier, son secrétaire général est venu, comme le veut la tradition, présenter le bilan des travaux et surtout réitérer des positions qui ont fait la force du PI. M. El Fassi a, d’ailleurs, tenu à souligner que l’adaptation des statuts du PI à la loi sur les partis politiques, l’ordre du jour du congrès extraordinaire, a été purement «technique et non politique». Pour M. El Fassi, le PI comptait déjà parmi ses prérogatives plusieurs principes de cette loi, dont la représentativité des femmes et des jeunes : «Le PI compte, aujourd’hui, 30% de jeunes et nous avons, depuis 1982, pris en compte la représentativité des femmes».
Alliance politique oblige, M. El Fassi a réaffirmé son adhésion aux principes de la Koutla qui, en ce moment même, se penche sur l’élaboration d’un programme pour les prochaines élections. De ce programme, confié à une commission conjointe réunissant tous les partis de la Koutla, le secrétaire général du PI ne révèlera que des bribes : «Un grand intérêt est accordé au problème de l’emploi pour la résorption du chômage qui atteint, actuellement, un taux de 10%». M. El Fassi ajoute que ce programme compte aussi parmi ses préoccupations la problématique de la bonne gouvernance grâce à laquelle les dépenses de l’Etat pourront être rationalisées. «Ce serait bien qu’un ministère de bonne gouvernance soit créé», souhaite M. El Fassi.
Une proposition qui s’ajoute à une autre, cette fois-ci, au niveau constitutionnel. Pour le PI, la réforme ne peut se faire que si le Premier ministre joue un rôle plus important en étant pleinement «responsable devant le Parlement», estime M. El Fassi. En clair, c’est au renforcement des attributions du Premier ministre qu’appelle ce parti pour qui cette mesure constitutionnelle permettra certainement une meilleure gestion des affaires de l’Etat. Le PI estime, de même, que le Parlement doit également voir son rôle renforcé afin qu’il puisse s’acquitter pleinement de sa tâche et que la Chambre des conseillers devrait, elle, se consacrer uniquement au développement local.
Autre dossier qui tient à cœur le PI : la justice. M. El Fassi a insisté sur la nécessité pour ce secteur de jouir de son indépendance. Car c’est à cela que tient la transparence de la justice, affirme le secrétaire général. Pour ce dernier était venue l’occasion de revenir sur les poursuites judiciaires relatives aux élections pour le renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers qu’il a qualifiées de «sélectives». «Nous n’avons jamais dénoncé une sentence, mais nous exigeons l’indépendance de la justice», a martelé M. El Fassi. Et d’ajouter qu’il aurait été meilleur d’organiser de nouveau ces élections par souci de crédibilité.
Le secrétaire général du PI a affirmé également qu’il n’y a aucun conflit ou tension quelconque avec le ministre de la Justice à ce propos et que les liens d’amitié qui les lient sont immuables.
Par ailleurs, c’est sur l’autonomie du Sahara que s’est penché le PI. M. El Fassi a déclaré qu’il venait de tenir plusieurs entretiens avec des diplomates de différents pays ainsi que des ambassadeurs fraîchement installés au Maroc à ce sujet. Il a, également, indiqué que les partis de la Koutla ont mis au point un mémorandum sur le projet d’autonomie dont aucune ligne n’a été dévoilée pour l’instant.
M. El Fassi a été interpellé sur deux autres affaires qui ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours : «Nichane» et «Annajat». En ce qui concerne l’hebdomadaire «Nichane», le secrétaire général du PI a insisté sur le respect de la religion et des principes de la société. Pour lui, la liberté de la presse est une bonne chose dans la mesure où il n’y a pas «d’excès de zèle» ou de «bavure». «C’est donc à la justice de trancher cette affaire», a réaffirmé M. El Fassi.
Pour ce qui est d’«Annajat», M. El Fassi se dit être «victime d’une escroquerie, tout comme l’ancien directeur de l’ANAPEC».  

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