L’USFP ferme une parenthèse

C’est ce vendredi, 28 novembre, soit un mois exactement depuis la démission de Abderrahmane Youssoufi que le Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) doit se réunir en vue d’élire son premier secrétaire. Depuis cette démission, l’USFP a sombré dans un état de stagnation nuisible et pour son évolution et pour la dynamique politique et partisane du pays. A l’issue d’une première réunion, tenue le 28 octobre dernier, le Bureau politique a, à l’unanimité, décidé de respecter la volonté de M. Youssoufi. Dans un communiqué, il a exprimé sa «ferme conviction» que M. Youssoufi a pris cette décision «après mûre réflexion et profonde analyse». Une manière, donc, de le remercier, mais sans trancher dans la question de succession au nouveau poste de premier secrétaire du parti. Sur ce point, il a été annoncé que «le BP assumera toutes les responsabilités politiques et sur le plan organisationnel au sein du parti» et qu’il «poursuivra l’édification et la gestion de ses structures avec un esprit élevé de militantisme», ajoutant qu’il «prendra dans les prochains jours toutes les mesures à même de garantir la continuité du parti en tant que force politique nationale capable de gagner les paris de l’avenir». Aussi, en dépi, d’un ton modéré se dissimulant derrière, l’attente «de la tenue d’une réunion à laquelle assisteront tous les membres du BP restant, pour trancher à la fois dans la question du nouveau Premier secrétaire et surtout au sujet de la nouvelle répartition des tâches », dans le fond, rien n’a été tranché. Au contraire, une véritable bataille de succession a commencé autour du ce poste. Alors que tout portait à croire que Mohamed Elyazghi, premier secrétaire adjoint du parti, depuis les derniers jours de feu Abderrahim Bouabid, allait assurer la relève sans aucune difficulté, Abdelouahed Radi, sans l’annoncer ouvertement et de manière claire et nette, est entré en lice. Pour la première fois, en effet, un bureau politique de l’USFP se divise sur la question de son premier secrétaire. Le 1er novembre, ses membres étaient partagés en deux camps et aucune décision n’a pu être adoptée, à cet effet. Lors de cette réunion consacrée à première vue à une question de procédure, deux approches ont prévalu. La première appelant à l’application stricte des dispositions du règlement interne dotant le Premier secrétaire adjoint des prérogatives du Premier secrétaire lors de l’absence de ce dernier, alors que la seconde s’attache au droit d’élire le nouveau patron du parti et rejette «toute démarche d’exclusion», selon les propos d’un dirigeant du parti, qui a préféré garder l’anonymat. Une position qui traduit en fait les craintes de certains milieux qui voient de mauvais oeil tout changement intervenu sur la ligne du parti, notamment par rapport à trois échéances en vue, à savoir la réunion de la Commission administrative, la tenue du 7ème congrès national et l’éventualité d’un remaniement gouvernemental. Dans toutes ces étapes, l’avis du Premier secrétaire est incontournable, et Mohamed Elyazghi est connu pour sa proximité vis-à-vis de la base du parti, un atout qui lui sert de contrôler l’appareil organisationnel, et qui pourrait lui servir de trancher dans la reconduction de certains dirigeants et le choix de certains candidats au gouvernement. Mais, pour remédier au blocage, ce dernier a présenté un avant-projet définissant les grandes lignes d’orientations organisationnelles et politiques. Le projet insiste sur l’arrêt des prérogatives pour chaque membre du Bureau politique et tranche avec « le chômage » qui a caractérisé le statut de certains dirigeants. La Commission administrative doit à son tour changer de vocation et se transformer d’une séance de plaidoiries et de thèmes souvent sans objets précis en une instance d’évaluation et d’orientation de l’action du parti, dans les domaines sectoriels (jeunesse, femmes, syndicats, élus, etc…) et par rapport aux espaces locaux, notamment au niveau des régions et provinces. Selon ce schéma, le rôle du Bureau politique se limitera à l’orientation des débats et l’arrêt de l’ordre du jour. Un autre point non moins important a trait à la préparation du prochain congrès. Car, après les discussions et interventions de tous les membres du BP, il a été conclu que l’USFP est dans l’obligation de tenir son prochain congrès sur des bases nouvelles et à la lumière d’une ligne de démarcation claire qui ne se limite pas seulement aux aléas conjoncturels. Quatre réunions ont été tenues, donc, à cet effet, chez Mohamed Elyazghi, Abdelouahed Radi, Fathallah Oualaou et Khalid Alioua. Les lieux de ces réunions ont été choisis d’abord en vue d’éviter la pression des militants et des médias et ensuite pour rassurer l’ensemble des composantes du parti de la primauté de la voie consensuelle. La cinquième réunion, qui se tient ce vendredi au siège central à Rabat, a pour objectif d’exprimer la fin des tractations. Une page doit être tournée, mais cela ne signifie nullement que tous les problèmes seront résolus. Car, si au niveau de la tête de cette formation partisane un consensus a été adopté, rien n’indique désormais qu’au niveau de la Commission administrative, les choses vont être simples. Tout ce processus pourra faire l’objet de débat. Et si à ces questions, s’ajoutent les bilans à établir au sujet des élections, de la presse et de l’organisation, il y aura évidemment le risque de revenir à la case départ. Mais à qui profitera tout cela ? Certainement pas à l’USFP.

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