Lutte contre les carences en micro-nutriments

Les carences en micro-nutriments constituent un problème majeur de santé publique, compte tenu de la situation épidémiologique à l’échelle mondiale. Elles engendrent des conséquences graves sur la santé ; à savoir la forte mortalité infanto-juvénile, accouchement prématuré, retard de croissance, atteinte du système nerveux central, retard du développement psychomoteur, troubles oculaires et de la vision.
Ces conséquences ont donc un effet négatif sur le développement socio-économique de la famille en particulier et de la communauté en général. Une étude réalisée par le ministère de la Santé a révélé une forte prévalence de goitre chez les enfants âgés de 6 à 12 ans, 22 %, une carence martiale chez les enfants de 6 mois à cinq ans, 35 %, chez les femmes enceintes, 45,5 %, et celles, en âge de procréer, 30,8 %.
En vue de parer ces différentes carences, prévenir la santé des jeunes générations et les immuniser contre les risques de maladies, le ministère de la Santé publique a initié, il y a pratiquement deux années, un projet de supplémentation de la farine en éléments de fortification. Projet qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie que le ministère de la Santé développe avec l’ensemble de ses partenaires institutionnels pour l’enrichissement des aliments de large consommation, la farine, le sel, le beurre, le lait, etc.
Dans ce sens, le Département de tutelle et la Fédération nationale de la minoterie ont procédé mercredi à Rabat à la signature d’une convention qui concerne la commercialisation de la farine enrichie en fer et composé vitaminique, sans aucune augmentation de prix.
Lors de la cérémonie de signature de cette convention, le ministre de la Santé publique, Thami El Khyiari, a souligné qu’aux termes de la stratégie entrepris par son département, l’objectif est d’éliminer, à l’horizon 2004, l’avitaminose « A » et ses effets, les problèmes dus à la carence en iode à la naissance, réduire du tiers la prévalence de l’anémie feeriprive par rapport à son niveau de 1995 et de couvrir 80 % de la population cible, en termes constants, par la vitamine « D ». Et d’ajouter qu’en vue d’assurer le succès de cette initiative d’enrichissement de la farine, le ministère de la Santé, en collaboration avec les industriels et les autres départements concernés, a codifié et validé une réglementation instituant et régissant l’obligation de l’enrichissement de la farine de blé tendre. Il est à souligner que la mise sur le marché national, dans les semaines à venir, de la farine enrichie sera accompagnée d’une stratégie de communication en vue d’informer et de sensibiliser la population sur l’importance de la consommation des produits alimentaires riches ou enrichis et sur leur disponibilité sur le marché. Et pour accompagner cette initiative, quelque 8000 professionnels de la santé seront formés en matière de lutte contre les troubles dus aux carences en micro-nutriments.

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