Lutte contre les Hépatites B et C

Le ministre de la santé, Thami Kyari a présenté mercredi dernier à Rabat, les grandes lignes de la stratégie nationale de lutte contre les Hépatites B et C, dont la prévalence, selon les données émanant de quelques études strictement scientifiques, est respectivement de 1,5 % et 0,5 % de la population.
Lors d’une rencontre avec la presse, à l’occasion, le ministre a affirmé que cette stratégie «vise fondamentalement la rupture de la chaîne de transmission, en réduisant les risques de contamination et repose sur deux composantes principales, à savoir, la prévention et la prise en charge».
S’agissant des mesures de préventions préconisées, sachant que près de la moitié des contaminations est provoqué par l’usage multiple de la seringue, M. Kyari a souligné qu’il a été décidé «d’augmenter de 50 % le budget réservé à l’achat de seringues à usage unique, tout en prospectant toutes les opportunités pour rentabiliser au mieux cette allocation et faire en sorte de disposer de la plus grande quantité possible de seringues».
La mise en place de ces mesures, constate le ministre, «grèverait le budget réservé à l’achat des médicaments du tiers de son montant et se ferait donc au détriment d’autres produits de grande nécessité».
Et d’ajouter qu’une grande campagne de sensibilisation sera lancée, aussi bien auprès des citoyens que des praticiens en vue de les sensibiliser sur la question et les inviter à n’utiliser que les seringues à usage unique.
Par ailleurs, indique-t-il, il a également été décidé d’une part de renforcer le programme de vaccination contre l’hépatite B et dans ce sens, un planing de vaccination de tous les enfants de moins de dix ans sera mis en oeuvre sur une durée de cinq ans. Et d’autre part de renforcer le système de surveillance des hépatites à travers la réactivation de la déclaration obligatoire et de procéder à leur dépistage systématique.
Dans ce cadre, l’Institut National d’Hygiène est érigé en pôle de référence pour les analyses biologiques spécifiques.
Concernant la question de prise en charge, le ministre a souligné qu’il a été procédé à l’élaboration des guides et d’une circulaire pour assurer le diagnostic des personnes atteintes des hépatites et d’ériger des centres d’attribution des médicaments au niveau des quatre CHU du pays et des centres hospitaliers régionaux.
Il est à souligner dans ce cadre que l’hépatite C est une affection d’origine virale que l’on avait qualifié d’hépatite «ni A, ni B» jusqu’à ce que l’on en mette en évidence l’agent étiologique en 1989. Le virus de l’hépatite C est une cause majeure d’hépatite aiguë et d’affection hépatique chronique, notamment la cirrhose et le cancer du foie.
Sur le plan clinique, l’infection est asymptomatique entre 60 à 70 % des cas. Elle devient chronique chez environ 80 % des malades nouvellement contaminés. Entre 10 et 20 % des porteurs chroniques font une cirrhose du foie qui, dans 1 à 5 % des cas évolue à son tour en cancer du foie au bout de 20 à 30 ans.
Le virus de l’hépatite B, quant à lui, est transmis par contact avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée, à l’image du virus de l’Immuno-déficience humaine responsable du SIDA, avec la différence que le virus de l’hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que celui du SIDA.
Le vaccin contre l’hépatite B ne guérit pas les porteurs chroniques, mais il est efficace à 95 % pour prévenir l’apparition d’un état de porteur chronique.

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