Maroc-Espagne : destin commun

Maroc-Espagne : destin commun

Après Marrakech, Rabat et de nouveau Marrakech, c’était au tour du Nord du Royaume d’accueillir SM Juan Carlos 1er et la Reine Sofia d’Espagne, en visite officielle au Maroc depuis le 17 janvier. Comme pour laisser le meilleur à la fin, Tanger était la dernière étape d’un voyage riche aussi bien en rencontres qu’en événements à forte charge symbolique et politique. Le couple royal est arrivé mercredi en début d’après-midi dans la ville du Détroit, capitale d’une zone où l’Espagne est présente tant par son passé colonial, par sa culture que par son économie.
Le Roi Juan Carlos avec SM le Roi Mohammed VI devaient notamment inaugurer la station thermique de Tahadart. Le souverain espagnol devait également tenir une réunion avec les membres du Comité Averroès pour le développement des relations maroco-espagnoles et de la commission mixte chargée de la liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar. Seul regret, l’annulation de la visite programmée, pour raisons d’agenda nous apprend-on, dans la ville de Tétouan. Les préparatifs étaient pourtant entamés depuis plusieurs semaines dans cette ancienne capitale du Maroc sous domination coloniale espagnole. Le roi Juan Carlos devait y inaugurer le chantier d’une université espagnole ouverte aux étudiants marocains hispanophones.
La réunion de Tanger donne suite a une autre, tenue la veille à Marrakech et qui a mis autour de la même table quelque 300 opérateurs économiques aussi bien marocains qu’espagnols. Une rencontre organisée conjointement par la CGEM et l’Institut espagnol du commerce extérieur (ICEX), en collaboration avec la Confédération Espagnole des Organisations d’Entrepreneurs (CEOE) et qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de plus d’un. Et pour cause, s’il est un secteur où les relations entre les deux pays n’ont jamais souffert qu’une quelconque entrave, c’est bien l’économie. Ceci, indépendamment de toute conjoncture politique. Les échanges hispano-marocains se sont élevés lors du premier semestre 2004 à 1,54 milliard d’euros contre 1,37 milliard pour la même période de 2003, en augmentation de plus de 12%. Même si le solde de ces échanges reste largement négatif pour le Maroc avec un taux de couverture à peine supérieur à 80%. Des relations économiques qui restent cependant à consolider en vue d’un partenariat plus large, plus global. Un point sur lequel SM Juan Carlos a insisté à cette occasion.
Le « pari » de l’Espagne sur l’économie marocaine est « stratégique et s’inscrit sur le long terme », a-t-il assuré. Et d’ajouter que « la complémentarité entre les deux économies ouvre un large éventail d’opportunités de coopération entre les entreprises marocaines et espagnoles ». Des propos appuyé par d’autres, ceux représentants du monde des affaires en Espagne et au Maroc. Pour le président de la Confédération espagnole des organisations d’entreprises (CEOE- patronat), José maria Cuevas, trois objectifs sont à atteindre : le développement du Nord du Maroc, la réalisation de la liaison fixe Espagne-Afrique, à travers le Détroit de Gibraltar et l’encouragement de l’émigration légale et régulière. L’émigration légale et rationnellement canalisée constitue l’un des liens unissant davantage le pays d’accueil et celui d’origine, a affirmé M. Cuevas. Une volonté d’aller de l’avant qui donne tout son sens à celle du rapprochement durable dans lequel les deux pays s’inscrivent. Un rapprochement dont le dernier galon, à savoir le politique, est désormais arboré fièrement par les responsables des deux Royaume. N’en déplaise à certaines parties espagnoles qui voient la visite du couple royal d’un mauvais oeil. Ces dernières critiquant aussi bien la nouvelle position de l’Espagne, réputée pour être un allié «historique» du polisario, surtout dans l’affaire du Sahara marocain que certaines activités, comme celle des décorations dont des responsables de la sécurité au Maroc ont été distingués (voir numéros précédents ; www.aujourdhui.ma). N’en déplaise également à un Mohamed Abdelaziz qui ne cesse de se débattre, avec l’énergie du désespoir post-échec, dans de vaines tentatives de faire entendre sa voix. Et n’en déplaise à une Algérie dont le ministre des affaires étrangères continue de considérer l’affaire du Sahara comme une affaire relevant de la «décolonisation», nuisant ainsi et à l’intégrité, achevée, du Maroc et à ses intérêts.
Sans parler du l’Union du Maghreb Arabe qu’Alger ne semble pas vouloir concrétiser.

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