Médicament: Le Maroc n’est pas concerné par la suspension de l’Uvestérol D

Médicament: Le Maroc n’est pas concerné  par la suspension de l’Uvestérol D

Pour éviter une délivrance trop rapide du médicament, il est fortement conseillé d’installer le nourrisson en position semi-assise au creux du bras, sa tête reposant sur le bras. Et après administration, il ne faut  en aucun cas allonger immédiatement l’enfant.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé, vendredi dernier, la suspension de la commercialisation de l’Uvestérol D suite au décès survenu le 21 décembre d’un nouveau-né ayant pris ce médicament. Selon l’agence, ce n’est pas le médicament en soi qui constitue un danger mais son mode d’administration par pipette. Cette affaire qui a fait la Une des journaux en France a créé la polémique et a suscité l’inquiétude des parents. La ministre française de la santé, Marisol Touraine, avait appelé  les parents à ne plus administrer  ce médicament à leurs enfants par mesure de prévention.

Qu’en est-il au Maroc?

Contacté par ALM, le Dr Houda Sefiani,  médecin pharmaco-toxicologue au Centre antipoison et de pharmacovigilances, rassure en indiquant que «la spécialité Uvestérol D administrée avec une pipette n’existe pas au Maroc». Le médicament qui est commercialisé dans notre pays est l’Ergogyl® contenant 200.000 UI de vitamine D2. Ce dernier qui existe  sous forme d’une ampoule de 0,5 ml est fabriqué par le laboratoire Sothema «Ce médicament est administré deux fois : la première dose de 200.000 chez le nourrisson et la seconde de la même quantité  à l’âge de 6 mois», explique Dr Sefiani. Auparavant, on administrait le  Sterogyl® 15H  600.000 UI  à raison d’un tiers de l’ampoule étant donné que  les doses préconisées chez les nourrissons ne doivent pas dépasser 200.000 UI. Cette spécialiste nous confie qu’il n’y a jamais eu de décès au Maroc suite à l’administration de la vitamine D. Quant au décès du nourrisson qui est survenu en France, le Dr Sefiani partage l’explication de l’ANSM en signalant que c’est la pipette qui pose problème et non pas le médicament. «Le problème de l’administration par la pipette est qu’une grande quantité entre dans la bouche du bébé et il n’a pas la capacité à l’avaler», explique-t-elle. D’ou l’intérêt de donner des gouttes plutôt que la pipette. En France, les parents peuvent se tourner vers d’autres médicaments à base de vitamine D, sous forme de gouttes comme le «Zymad», «l’Adrigyl» ou «le Sterogyl».

Il est important de souligner que la question de la prise de ce médicament par pipette n’est pas nouvelle. Depuis 2006, ce mode d’administration a fait l’objet d’une surveillance de la part des autorités sanitaires suite à   l’apparition  de cas de malaise chez les nourrissons.  «Un risque très rare, mais potentiellement grave, de survenue de malaise vagal (apnée du nourrisson pouvant entraîner une cyanose) a été mis en évidence lors de l’administration de ces produits à des nouveau-nés ou à des nourrissons de moins de six mois, sans pathologie apparente. L’hypothèse d’un mécanisme de type «fausse route» liée à une administration trop rapide du produit semble être la plus probable», avait signalé l’agence du médicament dans une lettre aux médecins prescripteurs.

Pour éviter une délivrance trop rapide du médicament, il est fortement conseillé d’installer le nourrisson en position semi-assise au creux du bras, sa tête reposant sur le bras. Et après administration, il ne faut  en aucun cas allonger immédiatement l’enfant.

Vitamine D : Pourquoi est-elle si importante? 

La supplémentation en vitamine D est indispensable pour les nourrissons dans la mesure où ils naissent avec de faibles réserves. Celle-ci  peut être un moyen efficace de prévention du rachitisme, en particulier pour les nourrissons et les enfants qui présentent un risque majoré en raison d’une faible exposition au soleil comme l’explique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Comme la teneur en vitamine D du lait maternel dépend du statut vitaminique D de la mère et est souvent faible, et comme l’exposition au soleil peut être limitée pour les nourrissons ,ces derniers sont particulièrement vulnérables à la carence en vitamine D, qui peut entraîner chez eux des malformations osseuses (rachitisme), des convulsions et des difficultés respiratoires». 

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