Mhady en rupture de ban avec l’Istiqlal

Le docteur Abdelilah Mhady n’arrive pas à digérer son éviction de la tête de liste de l’Istiqlal pour la circonscription de Moulay Rachid à Casablanca. Pourtant, « les critères requis me donnent largement favorable », dit-il. Député sortant, il devrait avoir aisément l’investiture pour mener la liste du parti.
L’histoire de sa mésaventure, il la raconte d’un seul trait. Au départ, le conseil préfectoral a décidé de retenir quatre candidats sur les neuf personnes ayant présenté leur demande d’investiture. Ces quatre candidats ont été soumis au comité exécutif pour décider de leur sort. Dr Mhady se voyait déjà tête de liste, quand on a annoncé le choix de Abdesslam Kouider, un ancien de l’UC, président de la commune de Sidi Othmane. Ce même Kouider qui avait mené la fronde à l’intérieur de la commune, et destitué, par le biais de l’article 7, l’ancien président qui n’est autre que le même Mhady. C’était en début de l’an 2000. Dr Mhady et ses sympathisants n’en reviennent pas. Surtout quand ils se rappellent de la décision de la direction du parti, publiée par le journal Al Alam, du 22 janvier 2000, et qui a rejeté la demande d’adhésion à l’Istiqlal de M. Kouider.
Plus, le même Kouider n’a pas été retenu dans la liste des quatre noms soumise aux délibérations du comité exécutif. Certes, ce dernier a la latitude de rejeter toutes les propositions qui sont soumises. Mais dans les rangs de l’Istiqlal à Sidi Othmane, on dit que la candidature de Kouider était refusée à l’échelle préfectorale. Comment a-t-elle alors atterri et eu l’aval de l’exécutif ?
Et pour dire sa colère, Dr Mhady, un ORL et chirurgien, installé à Casablanca, qui a présidé en tant que député la commission de la défense et des affaires étrangères, a décidé tout simplement de démissionner. Celui qui a présidé aux destinées de la commune de Sidi Othmane de 1992 jusqu’à sa destitution en 1999, qui dit avoir laissé un excédent de plus de 7 milliards dans les caisses de la commune, deux fois député, n’en démord pas. Il se dit trahi dans son amour propre. Lui qui a défendu les idéaux de l’Istiqlal ne veut pas que l’honneur du parti soit souillé par de telles pratiques. Il impute la responsabilité à l’inspecteur provincial du parti… Quand on lui pose la question sur les nombreux projets lancés par la commune sous Kouider, il répond tout simplement qu’il s’agit là de projets arrêtés, étudiés et budgétisés bien avant son arrivée. « Il n’a fait qu’exécuter les projets que j’avais élaborés. » Quant aux critères de sélection pour les investitures, Dr Mhady dit réunir les meilleurs scores. Niveau d’instruction, responsabilité partisane locale et membre du conseil national du parti, parlementaire, d’une réputation jamais entachée par des scandales ou magouilles. Bref, le candidat idéal que le parti n’a pas retenu. C’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette histoire. «Peut-être, dit-il, je suis déphasé par rapport à ce que veut le parti.» Abdelilah Mhady n’a pas voulu être deuxième de la liste. «J’ai toujours mené campagne contre M. Kouider, je ne peux le cautionner aujourd’hui. Ma crédibilité prendrait alors un sacré coup», lance-t-il…

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