Mohamed Darif : «Notre société reste conservatrice et n’est pas prête à des bouleversements»

Mohamed Darif : «Notre société reste conservatrice et n’est pas prête à des bouleversements»

ALM : Que pensez-vous de la tentative de rupture du jeûne en public par de jeunes Marocains ?
Mohamed Darif :Ces jeunes revendiquent le respect des libertés individuelles. Cela dit, est-ce que la société a évolué au point de permettre aux Marocains d’exercer les libertés individuelles et est-elle prête à accepter un tel comportement.
Pour répondre à cette question, il faut d’abord commencer par examiner si la société a connu de profonds changements. Le fait est là. Notre société reste conservatrice et n’est pas prête à d’importants bouleversements.

A votre avis, pourquoi ce groupe de «non jeûneurs» a agi de la sorte?
Ces jeunes se sont basés sur des considérations politiques. En agissant de la sorte, ils voulaient passer deux messages. Le premier, d’ordre politique, est adressé à l’Etat, aux autorités publiques. Dans la mesure où le Maroc a adopté les conventions internationales des droits de l’Homme, pour ces personnes le respect des libertés individuelles s’impose. Ils ont voulu mettre en exergue la non-conformité entre le discours et la pratique. Le second message est d’ordre religieux et adressé aux forces «conservatrices» notamment les ouléma, les islamistes.

L’association Kif Kif, l’affaire des «non jeûneurs» sont autant d’affaires qui ont défrayé la chronique. Qu’est-ce qui a favorisé la propagation de ces réseaux ?
L’homosexualité ou le fait de manger durant le mois de Ramadan ont toujours existé dans notre pays. Par contre ce qui est nouveau et attire l’attention c’est «la démocratie virtuelle» qui a pris de l’ampleur durant ces dernières années. L’Internet, les médias sociaux ont joué un rôle important sur le plan de la médiatisation. Prenons le cas de l’affaire des homosexuels de Ksar El Kébir où les images et la vidéo ont été diffusées sur Internet. Il en va de même pour le groupe des «non jeûneurs». Ces derniers ont réussi à propager leurs idées et attitudes à travers facebook. On est en droit de se demander si ces jeunes représentent une tendance qui commence à s’imposer dans notre société.

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