Mohammed Soukrat : «Les gens dans les camps de Tindouf ont ras-le-bol de la répression»

Mohammed Soukrat : «Les gens dans les camps de Tindouf ont ras-le-bol de la répression»

ALM : L’Union internationale pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara a eu une rencontre avec les représentants de la société civile et les partis de l’opposition mauritaniens à Nouakchott. Quels sont les principaux points discutés lors de cette rencontre?
Mohammed Soukrat : La rencontre rentre dans le cadre de la diplomatie populaire qui est notre mission. Nous avons eu des réunions avec la coordination des associations mauritaniennes et des partis de l’opposition. Nous avons voulu que l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara soit débattue dans un cadre international. Nous avons aussi voulu à travers cette rencontre démontrer la crédibilité de la proposition marocaine d’autonomie. Nous avons eu des contacts avec les représentants du mouvement réformateur au sein du Polisario, ainsi qu’avec des dirigeants du Polisario, notamment l’ancien «ministre de la Culture», dans le but de rapprocher les différents points de vue de l’ensemble des parties. Je dois préciser que les partis de l’opposition en Mauritanie ignorent le contenu de l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara. Une ignorance due au manque de communication. Les représentants des partis politiques de l’opposition mauritaniens m’ont affirmé qu’ils sont pour le projet d’autonomie et souhaitent que la Mauritanie soit impliquée dans la recherche de la solution à la question du Sahara marocain. La rencontre a été pour nous un succès. Nous avons eu des contacts avec une association mauritanienne qui milite dans le domaine des droits de l’Homme dénommée association «Mémoire et justice». Nous avons convenu de soumettre le dossier des victimes des tortionnaires du Polisario devant les instances judiciaires internationales, pour que justice soit rendue et que le dommage et le tort que les victimes ont subis et qui constituent une violation des droits de l’Homme, soient réparés.
 
Vous avez décidé d’organiser un forum international sur le Sahara marocain à Nouakchott. Quels en sont les principaux objectifs ?
Nous avons décidé, à la suite des réunions et contacts que nous avons eus à Nouakchott, d’organiser un forum international sous le thème «Le Sahara : perspectives et solution». La capitale mauritanienne abritera ce forum international en mai prochain. Le forum est co-organisé par l’Union internationale pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara et des partis de l’opposition mauritanienne. L’objectif de l’organisation de ce forum est d’expliquer la force et la pertinence de l’initiative marocaine. Nous voulons faire connaître aux représentants des pays voisins de la Mauritanie le contenu de la proposition marocaine afin d’obtenir leur soutien. Il faut dire que les partis de l’opposition en Mauritanie qui avaient une position pro-polisarienne ont changé d’opinion parce qu’ils sont aujourd’hui convaincus de la crédibilité de la proposition marocaine. Certains d’entres eux nous ont même proposé leur adhésion à l’Union internationale pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara. Le forum international connaîtra la participation de représentants venus des pays voisins de la Mauritanie, à savoir le Mali, le Niger, le Sénégal et l’Algérie. Prendront part également à ce forum des représentants du Polisario et du mouvement réformateur «Khat Chahid». Des représentants des médias espagnols qui soutiennent le Polisario assisteront aussi à ce forum international, en plus d’experts internationaux. 
 
Nous assistons ces derniers temps au retour à la mère patrie d’un nombre important de jeunes séquestrés de Tindouf. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Ces personnes fuient l’enfer des camps de Tindouf. L’ Union internationale pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara a réussi à convaincre 43 personnes, qui viennent de regagner le Maroc. 15 autres personnes regagneront la mère patrie dans les jours qui viennent. Si le commandement du Polisario et les services de renseignements algériens n’imposaient pas de restriction à la liberté de circulation des populations vivant dans les camps de Tindouf, on aurait assisté à un exode massif de plusieurs personnes vers le Maroc. Les gens dans les camps de Tindouf ont ras-le-bol de la répression et de l’absence de liberté. Le coordonnateur de «Khat Chahid», Mahjoub Salek, avec qui j’ai eu une discussion à Nouakchott, m’a assuré que si la situation persistait, et bien on assistera à un soulèvement dans les camps de Tindouf et cela poussera les services secrets algériens à user de tous les moyens pour faire face à ce soulèvement, ce qui donnera lieu à un massacre. Une grande partie des gens dans les camps de Tindouf est très intéressée par le projet d’autonomie proposé par le Maroc. Il faut savoir que bon nombre des personnes vivant à Tindouf soutiennent tout ce que le Souverain entreprend. Ils ne le font pas savoir parce qu’ils ont peur d’être pris pour des traîtres par le commandement du Polisario et craignent d’en payer le prix.

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