Munoz sur les traces de Heyerdahl

Les habitants de sidi Ifni ont fêté comme il se doit le départ de « l’enfant du pays », qui embarque pour une nouvelle aventure à la tête d’un équipage de 8 personnes dont un commandant de la Marine royale. La journée du dimanche à été celle des dernières retouches avant le grand départ qui fait suite à un séjour de six mois de l’équipage dans la cité de Sidi Ifni. Les pêcheurs de la ville, qui avaient fini par tisser de solides liens avec Kitin Munoz, natif de Sidi Ifni, et son équipage, ont érigé de véritables haies marines d’honneur au Mata Rangi qui a été tiré par un catamaran au milieu de son escorte jusqu’au large du port de Sidi Ifni. SM le Roi Mohammed VI avait reçu en audience, en août dernier, l’explorateur Kitin Munoz que le Souverain avait nommé Consul honoraire du Maroc en Espagne. «Je tiens à remercier SM le Roi Mohammed VI, pour la haute sollicitude dont il a entouré notre expédition depuis son arrivée au Maroc. Je tiens également à exprimer ma gratitude au souverain pour m’avoir désigné consul honoraire du royaume en Espagne comme je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué au succès de cette expédition depuis son arrivée au Maroc », a affirmé l’explorateur espagnol lors d’une cérémonie organisée avant son départ. La Mata-Rangi III, yeux du paradis dans la langue de Rapa nui, est le nom de l’expédition qu’entreprend pour la troisième fois Kitin Munoz, pour rallier le continent américain depuis l’Afrique. L’explorateur espagnol pourra avec cette nouvelle expédition compléter la trilogie des expéditions Mata-Rangi, à bord d’embarcations en roseaux et joncs. Kitin Munoz est un habitué de ces exploits. L’expédition du radeau dont le départ a été donné de Sidi Ifni est la troisième de l’explorateur et navigateur espagnol. Il avait supervisé la construction de la Mata-Rangi II qui prit le départ en 1998 du port d’Arica, au nord du Chili. L’équipage dut cependant, après avoir parcouru plus de 10.000 km en trois mois de navigation, se séparer d’une partie de l’embarcation réduite en poussière par un parasite de la mer. Il a fallu que l’embarcation parcourt tant bien que mal quelque 1.500 km pour atteindre les îles marquises. Le projet étant maintenu en dépit de cet échec, l’explorateur et son équipe ont porté leur choix cette fois-ci sur la Méditerranée, comme point de départ. Le 6 mai dernier, une nouvelle embarcation construite par un groupe d’artisans aymaras, levait l’ancre du port de Barcelone. L’expédition fera alors escale dans les ports espagnols de Valence, Alicante, Malaga, Carthagène, avant de rallier les côtes marocaines où elle s’arrêtera à Tanger, Rabat, Agadir et enfin Sidi Ifni. L’un des objectifs de Kitin Munoz et son équipage est de corroborer la thèse de l’archéologue et explorateur norvégien Thor Heyerdahl. Ce dernier, après avoir parcouru en 1947 quelque 8.000 km à bord d’une embarcation en bois, avait affirmé les anciens peuples d’Amérique avaient mis au point une culture maritime suffisamment sophistiquée et de ce fait arguait que les civilisations précolombiennes purent se déplacer du continent américain aux îles des pacifiques pour les peupler.

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