Nadia Yassine prend le pouvoir

Nadia Yassine prend le pouvoir

Nadia Yassine a du mal  à sortir de son délire de "république islamique" qu’elle souhaite avec insistance pour le Maroc. Après avoir servi dans un journal marocain cette "opinion intellectuelle personnelle" qui selon elle n’engage pas le mouvement de son père et ressassé la même litanie lors de son voyage aux Etats-Unis, elle la  vend encore une fois dans une interview à la "Libre Belgique" du dimanche 7 mai. Du réchauffé qui a du mal à faire chauffer les esprits occidentaux lesquels doivent rire sous cape en écoutant discourir cette belle égérie, "toutes voiles dehors", qui rêve d’installer une république à l’iranienne de l’autre côté de la Méditerranée !
En fait, on a à chaque fois du mal à comprendre le raisonnement de la fille du chef de Al Adl Wal Ihssane. "Se constituer en parti politique, ce n’est pas notre but", explique-t-elle dans la Libre Belgique. Pourquoi ?  parce que "se constituer en parti politique cela veut dire entrer dans un système que nous dénonçons et faire partie de l’échiquier officiel". Elle ajoute sans rire : "Nous sommes décidés à proposer un pacte islamique à la Nation marocaine dans le cadre d’une nouvelle constitution".  Nadia Yassine, pour résumer, veut donc décréter une République à la place de la Monarchie et un nouveau texte fondamental sans engagement politique ni concertation avec quiconque. Cela ressemble à de la politique-fiction. En cela, elle rejoint la vision de son père qui, n’arrêtant pas de faire des songes bizarres, mise entièrement sur un soulèvement populaire (Al Qawma) qui ferait que le pouvoir tomberait comme un fruit mûr entre les mains de Abdeslam Yassine. "Nous menons un soulèvement intellectuel et pacifique, une guérilla non-violente, dont le dernier round est le procès que l’on m’intente et qui est reporté sine die", lâche-t-elle dans un souffle victimaire propre à susciter l’attendrissement.
"J’ai déjà pris mes dispositions pour aller en prison, c’est triste mais c’est comme ça, je ne renoncerai pas à mes convictions", poursuit la porte-parole de Yassine. Quel courage que celui dont fait preuve ce symbole islamiste au féminin d’une république merveilleusement chimérique. En fait, l’intéressé sait que les pouvoirs publics, jaloux plus que par le passé de l’image du Royaume à l’extérieur, sont de moins en moins enclins à envoyer les nihilistes de tout bord en taule pour leurs actes fussent-ils irrévérencieux ou même subversifs.
Nadia Yassine est encore sous le charme de sa tournée américaine au point de trouver que "les Américains nous soutiennent parce qu’ils ne veulent plus de dérives sécuritaires et en même temps nous les dérangeons parce que nous ne cadrons pas avec la définition du parfait islamiste qu’ils se font". Nadia Yassine n’oublie pas de livrer au journaliste du quotidien belge un scoop de taille, Condolezza Rice ferait partie de son fan club. En effet, Mme Yassine pense sérieusement que le Département d’État est "derrière" le fait qu’elle ait récupéré son passeport qui lui avait été confisqué récemment par les autorités marocaines. Nadia Yassine qui s’est surpassée du reste lors de son séjour washingtonien où elle a présenté son organisation comme "le garant de la stabilité populaire". On ne saurait faire mieux dans le délire.
Mais les gesticulations verbales de Nadia Yassine cache en vérité des arrière-pensées : affirmer son ascendant, déjà patent, sur les ouailles et dirigeants mâles de Al Adl Wali Ihssane dans la perspective de la succession de son père qui est à son couchant. C’est à l’aune de cette ambition qu’il convient d’analyser ses sorties médiatiques provocatrices et ses voyages réguliers à l’étranger. En un mot, Nadia Yassine est en campagne. Le fait qu’elle ait maille à partir avec la justice marocaine serait de sa part un geste calculé pour imposer son leadership. Aller en prison, serait pour elle un moyen rêvé  d’asseoir définitivement sa légitimité. Ce qui est loin d’être acquis.

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