Nouvelle offensive diplomatique

S’il y a une critique acerbe, mais pertinente, que les nationalistes marocains adressaient à la diplomatie de leur pays, c’est bien au sujet de la main-mise des appareils de l’Etat sur le dossier de la défense de l’intégrité territoriale du Maroc. Plusieurs batailles politiques livrées à l’étranger n’étaient en fait que des feux de paille destinés à la consommation publique.
Mohamed Bahi, un ancien détenu dans les camps des séparatistes à Tindouf , ne cache pas sa désapprobation à l’égard de certaines campagnes dites de mobilisation pour la marocanité du Sahara. Plus de 200 millions de centimes ont été dépensés pour la publication et la distribution de livres en Espagne, qui n’ont servi à rien. Et d’ajouter que face aux centaines d’associations de soutien aux séparatistes du Polisarion en Espagne, nos associations continuent de verser dans l’immobilisme.
Pourtant, du côté de ceux qui mènent campagne actuellement contre les thèses algériennes, l’on insiste sur les changements notables observés au niveau des méthodes d’action et dans le sens du renforcement de la diplomatie parallèle, c’est-à-dire populaire et échappant à l’hégémonie des services de sécurité. Dans ce cadre, une délégation de la société civile marocaine effectue actuellement une tournée en Italie pour «dévoiler la situation dramatique dans les camps de Tindouf au sud de l’Algérie, les violations des droits de l’Homme et la déportation des enfants à Cuba via Alger».
Les membres de la délégation marocaine, reçus lundi par le conseiller diplomatique et politique du Parlement italien, Pietro Sebastiani, ont indiqué que «la grande majorité des Sahraouis vit, en toute quiétude, dans son pays le Maroc où elle participe à tous les aspects de la vie politique et économique». Ils ont souligné que, de ce fait, «le polisario ne peut en aucune manière prétendre représenter les Sahraouis». La délégation marocaine est composée de Mustapha Bouh Barazani, membre du conseil consultatif pour les Affaires du Sahara, Bouya Mohamed Yahdih, ex-responsable de la jeunesse du «polisario», Fadili Salek, ex-cadre séparatiste et Saâdani Maalainine, ex-déportée à Cuba. Après avoir rappelé «les effritements que connaissent les rangs du polisario», la délégation a particulièrement insisté sur «la dégradation de la situation des séquestrés et les violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf, ainsi que sur le maintien en détention de ressortissants marocains au mépris des conventions internationales et des appels répétés de différentes personnalités et instances internationales».
De son côté, M. Sebastiani a exprimé sa sensibilité pour la préoccupation de la délégation marocaine quant aux violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf, soulignant la nécessité de parvenir à une solution rapide à ce conflit, dans le but d’assurer la paix et la stabilité dans la rive sud de la Méditerranée, considérée comme un partenaire important de l’Union européenne.
Outre la rencontre avec le conseiller diplomatique et politique du Parlement italien, la délégation marocaine a également rencontré des responsables politiques, des députés, des sénateurs, des maires, des responsables syndicaux et des dirigeants associatifs italiens. En bref, il y a lieu de signaler l’existence d’un travail en profondeur à ce niveau. Certes, les grandes manifestations de masse se font de plus en plus rares, mais, force est de constater que les nouvelles sphères ciblées sont très efficaces en termes d’influences et de poids politiques. D’où leur importance.

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