Ostéoporose : Une fracture socio-économique profonde

Ostéoporose : Une fracture socio-économique profonde

L’ostéoporose tue autant que le cancer du sein. Un constat alarmant qui explique la gravité de cette maladie menaçante touchant en moyenne 35% des femmes marocaines ménopausées. Cette pathologie silencieuse continue de sévir au Maroc, faisant derrière elle de plus en plus de «fractures» socio-économiques. Le coût est énorme et la douleur qui y est liée est loin de s’estomper. «Le traitement de cette maladie est très coûteux. Les médicaments sont chers et leur prise nécessite un suivi minimum de 3 à 5 ans. C’est une décision lourde, d’où la nécessité de mieux connaître le sujet malade et la particularité de sa maladie», souligne Saloua Larhrissi, présidente de la Société marocaine de rhumatologie (SMR). Le protocole de soin inclut des palliatifs quotidiens, mensuels et annuels. Le prix de ces prestations oscille entre 600 dirhams par mois pour les comprimés et 3.800 dirhams pour la perfusion annuelle, sans oublier la radiologie et l’échographie. Qu’en est-il de la couverture médicale ? Le régime social au Maroc reste défaillant sur ce point. Les praticiens déplorent une négligence notable à l’égard de la population atteinte de l’ostéoporose. «Malheureusement, la couverture sociale ne prend en charge que les accidents fracturaires. Ainsi, si la fracture est ostéoporosique, elle est prise en charge. Or, aucune couverture n’est inscrite dans le cadre préventif, faute de moyens et de budgets alloués», indique Dr Larhrissi. Faut-il attendre une fracture pour détecter une ostéoporose ? C’est la forme la plus répandue du diagnostic. Toutefois, elle est facultative vu que le mal est déjà installé et le remède est incertain. En effet, la fracture est un signal d’alarme qui intervient à un stade avancé de l’ostéoporose. Prévenir l’ostéoporose doit se faire en bas âge. Cliniquement, la première tranche de la vie de la personne constitue la phase la plus déterminante pour constituer le capital osseux qui sera géré tout au long de son existence. «Pour limiter les conséquences de cette maladie, il faut agir dès l’enfance. Nous insistons dans ce sens à ce que les individus adoptent préalablement certains comportements basiques, à savoir une alimentation variée, une activité physique régulière et l’exposition au soleil pour que les os s’alimentent de la vitamine D», explique Dr Larhrissi. Notons que toute fragilisation de l’os n’est pas d’origine ostéoporosique. Pour écarter le doute, les praticiens procèdent par des analyses sanguines en parallèle à l’ostéodensitométrie. Cette dernière est une évaluation de la qualité et de la solidité de l’os. «Il est souhaitable que toute femme ayant franchi le seuil de la ménopause fasse une ostéodensitométrie pour détecter précocement la maladie et s’orienter vers la cure qui leur est appropriée», indique Dr Larhrissi. Les femmes ménopausées sont les premières menacées par cette maladie. De même, les candidates favorites à l’ostéoporose sont les femmes à peau blanche, maigres et fumeuses. Le facteur héréditaire entre en jeu, sans oublier certaines personnes à risque, en l’occurrence les diabétiques, les femmes souffrant de thyroïdes et de maladies surrénales ainsi que celles qui sont sous traitement corticoïde. Avec le vieillissement de la population, l’ostéoporose explosera dans la société. D’ici 2030, le nombre de personnes atteintes d’ostéoporose connaîtra un pic. Dans ce sens, les praticiens tirent la sonnette d’alarme et invitent société civile, corps médical et autorité publique à fédérer leurs efforts afin de combattre ce mal et offrir aux Marocains une vieillesse paisible.

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