Parieurs, à vos cartes

Les parieurs ne sont pas seulement les fervents des courses de chevaux, les mordus de celles des lévriers, du Loto, Totofoot, jeux de grattage, etc. Ce sont également les amateurs des autres jeux de hasard qui apparaissent occasionnellement pendant le mois du ramadan, en l’occurrence le « loto populaire ». Ce type de jeu n’a rien de commun avec le Loto institutionnel. On ne le voit que pendant le ramadan dans la plupart des cafés populaires et dans toutes les villes du Royaume. Chaque nuit, durant tout le mois sacré, certains jouent par plaisir, d’autres par nécessité, mais surtout par habitude. Il y a même ceux qui prélèvent de leurs dépenses quotidiennes une certaine somme dédiée exclusivement aux veillées autour d’une table de cartes. Il faut voir les parieurs à l’oeuvre. La mise varie entre trois et dix dirhams. L’organisateur de ce genre de jeux crée une ambiance particulière dans le café qui abrite le jeu. Il faut y débarquer juste après la rupture du jeûne pour pouvoir trouver une place et surtout se doter d’une carte pour participer aux jeux. Cette carte comporte vingt numéros, compris entre un et 99. La formule du gain consiste à obtenir sur sa carte vingt numéros de ceux tirés au hasard par l’organisateur du jeux. Le gagnant obtient généralement une somme variant entre 150 et 200 dirhams et des fois plus, selon le nombre de participants. Chaque partie dure environ un quart d’heure. « Le déplacement ici me coûte presque 250 dirhams la nuit. J’ai gagné plusieurs fois, mais je vois que le jeu profite uniquement au propriétaire du café, d’autant plus que ses gains sont exempts de tout impôt », argue Majid C., 30 ans, un client assidu du coin. Vu la nature du jeu, les possibilités de gagner sont les plus réduites. Mais les parieurs, comme dans n’importe quel jeu, ne prêtent aucune considération à ces calculs et détails. Ils n’achètent pas les probabilités, mais un rêve qui n’a rien de mathématique. Au-delà de ses techniques et de son aspect, il faut dire que ce jeu non autorisé a des répercussions négatives sur la société. Les cafés où il se développe constituent généralement des endroits propices à la vente et à la consommation de la drogue. La forte affluence que connaissent également ces coins provoque des dérangements pour les voisins.

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