Paris : Cinq Marocains mis en examen

Paris : Cinq Marocains mis en examen

Les regards sont braqués, depuis la fin de la semaine dernière, sur Paris, où cinq Marocains ont été mis en examen par les juges antiterroristes français, en l’occurrence Jean-Louis Bruguière, Jean-François Ricard et Philippe Coirre. Les Marocains sont poursuivis pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».
Les jeunes MRE, dont certains disposent de la double nationalité, franco-marocaine, sont soupçonnés d’avoir commandité les attentats du 16 mai à Casablanca, qui ont coûté la vie à plus d’une quarantaine de personnes.
La Justice française pense que ces suspects seraient, tous, des membres actifs du Groupe islamique combattant marocain (GICM). Ce dernier existerait depuis la fin des années 90, mais se serait manifesté pour la première fois à l’occasion des attentats du 16 mai.
Les cinq Marocains ont été appréhendés à la suite d’un impressionnant coup de filet effectué en banlieue parisienne, le lundi 5 avril.
A l’issue de cette opération, treize personnes ont été arrêtées au total. Parmi elles, les cinq Marocains poursuivis. Leurs identités ont été rendu publiques. Il s’agit tout d’abord de Mustapha Baouchi. Celui-ci serait, selon les enquêteurs, la tête pensante de ce groupe qui compte également Fouad Charlaoui et Bachir Ghoumid. En fait, Baouchi, Charlaoui et Ghoumid feraient l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par la Justice marocaine aux lendemains des attentats de Casablanca. Vraisemblablement, les autorités françaises n’avaient pas pris au sérieux ces mandats.
Enfin, les deux autres Marocains, que les magistrats Bruguière, Ricard et Coirre ont décidé de mettre en examen, sont Redouane Aberbri et Rachid Aït El Haj.
Tous les deux jouissent de la double nationalité. En outre, contrairement aux trois premiers, Aberbri et Aït El Haj, sont inconnus des autorités marocaines et ne font l’objet d’aucune recherche de leur part.
A noter qu’une sixième personnes a également été mise en examen par les juges français. Il s’agit d’un citoyen d’origine turque, Attila Turk. Celui-ci n’a pas été appréhendé lors du coup de filet du lundi 5 avril dans la banlieue parisienne. En fait, il fut arrêté la veille, à l’aéroport de Roissy, alors qu’il comptait s’embarquer pour son pays d’origine. C’est certainement son arrestation qui a contraint les servies de contre-espionnage français à mettre au point le coup de filet du lendemain.
En fait, toutes ces personnes étaient étroitement surveillées, et depuis plusieurs mois, par les services de renseignement français. La tentative de quitter la France d’Attila Turk a été perçue par les services français comme un indice annonciateur d’un attentat.
Aussi, pour éviter que tous les suspects ne s’évanouissent dans la nature, les enquêteurs ont donc préféré les arrêter. Mais le coup de filet n’a encore rien donné de concret. Les enquêteurs n’ont pas encore rassemblé toutes les preuves nécessaires à inculper les prévenus pour préparation d’un attentat terroriste.
D’ailleurs, les autorités françaises ont déjà relâché sept personnes, arrêtés lors du coup de filet du lundi 5 avril, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles.
Lors des perquisitions, la DST n’a saisi ni armes, ni explosifs. « Les enquêteurs doivent désormais exploiter les téléphones portables et disques durs saisis lors de leur interpellation », affirme l’agence française AFP. Rappelons que le coup de filet a été réalisé par la Direction de la sécurité du territoire (services de contre-espionnage français-DST) et l’unité d’élite de la police française, le RAID (Recherche-assistance-intervention-dissuasion).
L’opération a concerné des cités dans la banlieue parisienne, essentiellement dans les Yvelines et en Seine-Saint-Denis.
Le GICM est considéré comme un groupuscule islamiste assurant un soutien logistique (hébergement, faux papiers, financement…) aux terroristes d’Al Qaida.

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