Pays-Bas : percée raciste

Pays-Bas : percée raciste

Aucune majorité claire ne se dégage des résultats partiels des élections législatives, tenues mercredi dernier aux Pays-Bas. Le grand vainqueur du scrutin reste, toutefois, le Parti socialiste (SP). Ce parti anti-immigrés est devenu la troisième force politique derrière les chrétiens-démocrates (CDA) et les travaillistes (PvdA), et le Parti de l’extrême droite populiste PvdV du député Geert Wilders, l’homme derrière la proposition de loi interdisant la burqa (voile islamique) : partant de zéro, il a remporté 5,8% des votes. Le leader socialiste Jan Marijnissen a promis «de rendre les Pays-Bas plus sociaux et humains». Geert Wilders de son côté a insisté dans son programme sur la nécessité «d’arrêter l’islamisation des Pays-Bas», de durcir les peines de prison et de remettre les bonnes manières au goût du jour. «La victoire revient aux partis qui ont été le plus clairement en opposition», commentait jeudi le quotidien progressiste de "Volkskrant". Dès mercredi soir, le Premier ministre chrétien-démocrate sortant et victorieux Jan Peter Balkenende, évoquait un «casse-tête» et «des résultats compliqués». C’est un «chaos», avait estimé mercredi soir l’ancien ministre des Finances Gerrit Zalm, dont le parti libéral VVD a laissé six sièges dans la bataille, perdant l’opportunité de redevenir partenaire de coalition des chrétiens-démocrates du CDA. Si le rapport entre la gauche et la droite n’a pas fondamentalement changé, le centre s’est dégarni au profit des extrêmes. A gauche, le SP a triplé son score avec 16,6% des votes (26 des 150 sièges du parlement). Le parti travailliste en a perdu dix à 32, et totalise 21,1% des voix. Le parti écologiste GroenLinks a perdu un siège, à huit. A droite, Geert Wilders s’est joué des libéraux du VVD de la ministre de l’Immigration et de l’Intégration Rita Verdonk en lui raflant six sièges, alors que le parti du leader populiste assassiné Pim Fortuyn, le LPF, disparaissait. Après la France, les Pays-Bas détiennent le plus fort taux de musulmans au sein de l’Union européenne : près de 6% de la population. Les immigrés sont pour la majeure partie des Turcs et des Marocains. La communauté marocaine installée aux Pays-Bas, avoisine les 300.000 habitants et compte des éléments très actifs au sein des associations et des partis politiques. L’immigration, l’intégration et les tensions intercommunautaires, qui ont alimenté les débats après le meurtre du leader populiste Pim Fortuyn, en 2002, ainsi que l’assassinat du cinéaste Theo Van Gogh, en 2004, ont été cette fois pratiquement absent de la campagne. Et l’on s’aperçoit, d’après les premiers résultats partiels, que les Néerlandais n’avaient pas réussi à choisir entre la poursuite du durcissement actuel de la politique à l’égard des immigrés, préconisée par la coalition sortante de centre-droit, ou le léger assouplissement proposé par l’opposition de gauche.

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