PJD : Image brouillée

Les avis sont partagés sur la perception qu’ont les visiteurs du site Internet d’ALM sur le Parti de la Justice et du Développement (PJD). Sur un nombre de votants de 462, les pourcentages se rapprochent. Si 27,3% trouvent que le PJD est un parti modéré, 29,9% le considèrent comme une formation ordinaire. Par contre, le gros des sondés, soit 42,9% qualifie le PJD de parti extrémiste. C’est dire que l’image des islamistes marocains agrées n’est pas tout à fait claire dans l’esprit du moins de cet échantillon qui doit être représentatif de ceux qui parmi les Marocains sont attachés à la modernité et à ses attributs.
Les attentats de Casablanca et récemment ceux de Madrid ont, sans aucun doute, contribué à brouiller le message du PJD qui s’est empressé de condamner à chaque fois ces actes barbares. Mais la dénonciation d’une tuerie même en termes vigoureux n’est pas suffisante. La question qui se pose est la suivante : dans quelle mesure le discours islamiste à la tonalité extrémiste développé par certains ténors du parti avant le 16 mai a-t-il contribué à nourrir et à entretenir le climat qui a conduit au carnage de Casablanca ?
Autrement dit, le PJD a-t-il une responsabilité morale dans ce qui s’est passé ? Et puis, se servir de l’islam en politique permet d’attirer facilement des sympathisants et de recruter des adeptes parmi la masse car la religion a été de tout temps un thème qui mobilise surtout dans un terreau fertile (ignorance, exclusion, pauvreté…). Celui qui met en avant la religion est pour le grand nombre digne de foi d’office : sérieux, intégrité, transparence…
Dans ces conditions, il est extrêmement difficile pour les partis classiques de vendre une idéologie différente. En effet, ces derniers ne se battent pas à armes égales avec une formation comme le PJD dont la suprématie s’est vérifiée du reste sur le terrain lors des dernières élections, législatives et communales.
La bannière du PJD est une caution suffisante pour être élu. Dans un pays musulman comme le Maroc, travaillé de surcroît par une lame islamiste aussi irrésistible que celle du MUR et de Al Adl Wal Ihssane, quel est ce candidat d’un parti rival qui pourrait rivaliser avec un adversaire qui fonde la totalité de sa démarche sur les valeurs de l’Islam? Dans ce contexte, les échéances électorales pour le PJD représentent juste un rendez-vous pour engranger le bénéfice politique de leur quadrillage idéologique permanent de larges pans de la société.
On voudrait bien croire que le PJD est autre chose que cela, qu’il est un parti ordinaire comme les autres, qui poursuit des objectifs clairs comme l’eau de roche. Mais comme l’a dit Lénine, les faits sont têtus.

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