Prisons : Les incendies continuent

Une fois encore un incendie s’est déclaré, mardi dernier vers 21h30mn, au complexe pénitencier d’Oukacha à Casablanca, apprend-on de source proche de la protection civile. Un incendie qui n’a pas fait trop de dégâts puisqu’il a touché seulement un vide d’isolement thermique et acoustique de la paroi séparative entre les cellules et les couloirs du deuxième étage au pavillon n°2 et puisque les éléments de la protection civile sont intervenus à temps avec un fourgon pompe-tonne et une ambulance, et ont circonscris le feu dans une durée d’une heure, précise la même source. Mais il a suscité une crainte parmi les détenus qui n’ont pas hésité une seconde à demander des secours afin qu’un autre drame n’ait pas lieu, coûtant une fois encore des âmes innocentes.
Cependant si cet incendie n’a causé que des dégâts matériaux (des chiffons et du papier brûlés), celui qui avait eu lieu dans une cellule, le même jour, dans la soirée, à la prison centrale de Kénitra, a asphyxié deux détenus, comme il a été rapporté par la MAP. Ces derniers, dont l’un l’a provoqué suite à une dispute avec son compagnon de cellule, ont été évacués d’urgence à l’hôpital.
En effet, la fréquence des incendies dans les prisons marocaines et leurs origines continue à susciter des interrogations. La nuit du jeudi 31 octobre au vendredi 1er novembre 2002, un incendie s’est déclaré dans la prison civile de Sidi Moussa, à El Jadida, causant 52 morts et 40 blessés. Celui d’Oukacha a ravagé, en 2000, 28 détenus et de Souk Larbaâ a fait également des morts.
Pourquoi cette série d’incendies qui fait des morts et des blessés ?
Les associations de la société civile qui sont montées au créneau n’ont pas hésité un jour à dénoncer les conditions de vie dans le monde carcéral et à avancer les différentes causes qui provoquent les incendies dans les prisons marocaines. Si pour les uns ,le problème majeur est le surpeuplement, pour les autres le problème dépasse, cette cause et celle de la vétuste des prisons pour mettre en cause le comportement inhumain de l’administration pénitentiaire et la violation permanente des règles minimum de détention.
Par ailleurs l’Observatoire Marocain des Prisons a avancé dans son dernier rapport annuel, 2001-2002 que l’effectif des détenus a atteint cette année 59.000 personnes, soit une augmentation de 5000 personnes par rapport à l’effectif de l’année précédente. Cette augmentation annuelle de la population carcérale de 12 % dépasse en réalité la capacité d’accueil des prisons opérationnelles jusqu’à aujourd’hui et qui sont au nombre de 46 établissements. Ce surpeuplement doublé d’un budget annuel (194.665.100 de dirhams en 2002 et 199.055.100 de dirhams en 2001) ne répondant pas au minimum vital, a dégénéré en une situation alarmante marquée par, entre autres, la dégradation des conditions de vie, le manque des soins médicaux et la mauvaise gestion.

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