Projet de loi 45-13 : Le vote final reporté à la semaine prochaine

Projet de loi 45-13 : Le vote final reporté  à la semaine prochaine

L’amendement de l’article 6 au cœur du bras de fer entre les opticiens et les ophtalmologues 

Selon les ophtalmologues, la  combinaison de la prescription optique médicale et de la vente des lunettes  venait à être adoptée par le Parlement, elle constituerait un précédent dangereux qui légaliserait un exercice illégal de la médecine et aggraverait encore plus la situation d’anarchie dans laquelle se trouve le secteur de l’optique-lunetterie.

Le torchon continue de brûler entre les ophtalmologues et les opticiens. Les ophtalmologues espèrent que le projet de loi 45-13 tel qu’il a été amendé par la Chambre des conseillers sera finalement adopté. Validé par la Chambre des conseillers, le projet de loi a poursuivi son chemin législatif en atterrissant actuellement à la Chambre des représentants pour le vote final. Rappelons que l’article 6 du projet de loi 45-13 avait été amendé le 4 juin 2019 par la Chambre des conseillers sur proposition du ministère de la santé.

«La commission des secteurs sociaux de la Première Chambre s’est réunie le mardi 2 juillet pour statuer sur ce projet de loi. Les principaux partis de la majorité ont demandé le report. Et par conséquent, il n’y a pas eu de vote. Le vote a été reporté pour la semaine prochaine. Nous n’avons pas encore de date précise concernant la date de la prochaine réunion de la commission», indique Dr Meriem Wafi, membre du Syndicat national des ophtalmologistes libéraux du Maroc. Les ophtalmologues craignent que les parlementaires cèdent aux pressions du lobby de l’industrie du verre qui pousse vers un retour à la version initiale de cet article 6.

«Les parlementaires subissent d’énormes pressions de la part des opticiens. Ils nous le disent clairement sans pour autant le déclarer de manière officielle. Ces pressions sont menées par des sociétés internationales du verre», signale Dr Wafi.

L’ancienne version de l’article 6 donne le droit aux opticiens de pratiquer la réfraction et l’adaptation en lentilles de contact en plus de la vente des lunettes et des lentilles de contact aux patients. A ce sujet, Dr Wafi rappelle que l’opticien ne peut pas être prescripteur et vendeur à la fois. En effet, la combinaison de la prescription optique médicale et de la vente des lunettes viole les dispositions d’exercice légal de la médecine et expose la santé des patients à des risques majeurs. «Nous avons plusieurs cas de patients victimes du suivi chez les opticiens. Au fil des années, plusieurs patients qui avaient l’habitude d’aller chez l’opticien sans consulter l’ophtalmologue ont été victimes d’une baisse d’acuité visuelle importante. Après une consultation, des maladies graves ont été découvertes. Pour les cas à des stades terminaux, l’ophtalmologue ne peut plus rien faire. En revanche, si ces maladies avaient été dépistées à un stade précoce, le patient aurait pu être sauvé», déplore-t-elle. Parmi ces maladies graves, on peut citer les œdèmes papillaires secondaires à des tumeurs cérébrales, les déchirures et décollements de rétine, les tumeurs oculaires…

Le syndicat des ophtalmologues estime que si la combinaison de la prescription optique médicale et de la vente des lunettes venait à être adoptée par le Parlement, elle constituerait un précédent dangereux qui légaliserait un exercice illégal de la médecine et aggraverait encore plus la situation d’anarchie dans laquelle se trouve le secteur de l’optique-lunetterie.

De leur côté , les opticiens ont exprimé leur refus total de l’amendement de l’article 6 du projet de loi 45-13 en organisant mardi 2 juillet une marche nationale allant du ministère de la santé jusqu’au Parlement. Ils étaient des centaines à reprocher ce texte de loi qui les prive de mesurer l’acuité visuelle pour la correction réfractive. Les opticiens ne comptent pas baisser les bras. Le Syndicat national des professionnel des opticiens du Maroc a annoncé une grève illimitée dès la semaine prochaine pour que le projet de loi tel qu’il a été amendé ne soit pas adopté. Affaire à suivre.

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