Quand la drogue pousse au crime

Quand la drogue pousse au crime

Nous sommes à la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience n°2 est archicomble au point que les policiers ont trouvé une grande difficulté pour maintenir l’ordre. Soufiane, trente-deux ans, célibataire, tient sa place dans le banc des accusés parmi les mis en cause qui seront jugés ce jour de septembre.
Ses larmes coulèrent à la vue de sa mère. Cette dernière a décidé d’assister à l’audience malgré sa maladie. Quelques minutes plus tard, les membres de la Cour sont rentrés à la salle d’audience et toute l’assistance s’est levée par déférence. Après avoir examiné les deux premiers dossiers, le président de la Cour aborde le cas de Soufiane. «Soufiane…», a appelé le président.
Le jeune homme s’est levé de sa place pour avancer vers le box des accusés. Il se tenait devant les juges, la tête baissée. «Tu es accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.» lui a rappelé le président de la Cour.
Soufiane est un repris de justice. Il a déjà écopé d’une peine de quatre ans d’emprisonnement ferme pour constitution d’une association de malfaiteurs et vol qualifié. L’aîné d’une famille indigente, demeurant en ancienne médina, à Casablanca, Soufiane a été conduit à son septième printemps à l’école. Cursus scolaire arrêté avant la cinquième année d’enseignement fondamental, il passait la majorité de son temps à rôder dans les rues. Il fit la connaissance de quelques voyous, qui l’encourageaient à boire de la bière et à fumer des joints. Au fil des jours, il est devenu accro au haschisch et aux comprimés psychotropes.
Les sous qu’il amassait au port de Casablanca ne lui suffisent plus pour acheter sa dose quotidienne. Il décida alors de chercher une autre source d’argent. Au fait, il cherchait un moyen ne nécessitant pas d’effort et qui rapporte plus. Il n’avait pas besoin d’aller par trente-six mille chemins. Le vol lui convenait beaucoup. Depuis, il accompagnait deux de ses voisins, des repris de justice, pour agresser les riverains, notamment les femmes. Ils leur arrachaient les sacs à main et leur subtilisaient bijoux précieux et argent. Après quelques opérations, il a été arrêté et condamné à quelques mois d’emprisonnement. Quand il a été libéré, il a récidivé.
Armé d’un couteau, il s’est rendu chez un trafiquant de drogues pour acheter quatre comprimés psychotropes.
Il les a avalés avant de se lancer à la recherche d’une victime. Après avoir arraché un sac à main d’une jeune femme, il s’est rendu à un bar pour boire quelques bières. Après quoi, il est sorti pour chercher une autre victime.  Pas loin du bar, il a croisé un soûlard qui cherche un petit taxi. Soufiane s’est approché de lui. Une conversation s’est engagée entre les deux hommes.
Le soûlard décida alors d’accompagner Soufiane. Une fois arrivé près d’une ruelle obscure, ce dernier l’a attaqué en lui donnant un coup de poing. Tombé par terre, le soûlard a commencé à crier.
Aussitôt, Soufiane a brandi un couteau et lui a asséné deux coups au niveau du visage et de la poitrine et ce, avant de prendre la poudre d’escampette. L’enquête diligentée par la police a conduit à son arrestation. Devant la Cour, il a reconnu les charges retenues contre lui. Son avocat a réclamé de le faire bénéficier des circonstances atténuantes. Le représentant du ministère public a par contre requis une peine maximale contre le prévenu. Enfin, la Cour l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle.   Retour en prison pour un geste vraiment bête.

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