Quatre cents enfants en détresse

Les parents et amis des enfants inadaptés adhérant à l’APAEI ont organisé lundi dernier un point de presse au siège de l’Association à Casablanca. Lors de cette rencontre avec les représentants de la presse nationale, les parents ont manifesté leur mécontentement à propos des agissements du président de ladite association. Pour ce fait, ils demandent l’intervention des autorités compétentes et du wali de Casablanca pour la constitution d’une commission neutre en vue de prendre en charge la gestion de l’association dans l’attente de trouver une formule de nature à mettre un terme au conflit opposant les deux parties. Ce bras de fer ne date pas d’hier. Le mécontentement des parents a été à l’origine de la tenue de l’assemblée générale extraordinaire le 19 septembre. Laquelle a élu Mme Khadija Rouane présidente. Cependant le président destitué a refusé de céder la présidence. Les parents, en sit-in sur place depuis le 4 octobre, déposent une plainte auprès du Tribunal de première instance d’Anfa. Le 23 octobre dernier, celui-ci rend public son jugement, en vertu duquel l’ancien président doit céder les commandes de l’établissement à la nouvelle présidente. Il n’en fut rien. En dépit de cette décision du tribunal, le destitué a refusé de s’y soumettre le 5 novembre 2001, prétextant que la passation des commandes de l’association ressort de la compétence des membres du bureau. Ce qui va à l’encontre même des dispositions du statut de l’association. A cette même date, selon les parents d’enfants inadaptés, le président procède au règlement de 50% des dus des éducateurs, qui sont au nombre de 81, et le licenciement des 21 autres en grève. Pire encore un nombre d’enfants inadaptés notamment ceux dont les parents manifestaient leur mécontentement, a même été arbitrairement expulsé. Ce qui va de mal en pis, un parent, Bzar Ismaïl, l’a exprimé en disant que : « La dégradation de la situation de nos enfants au sein de l’association accentue nos souffrances. Les abus de personnes sans scrupules sont allés trop loin et nous ne pouvons plus les tolérer». Le comble, ajoute, M. Bzar est que la mutuelle a déboursé pendant l’année scolaire 2000-2001 un montant de 8000 dirhams alors que son enfant n’y était pas ! Dernièrement une commission de l’inspection générale des Finances effectue un audit des comptes de l’association. Des irrégularités ont été soulevées dans la gestion de cet établissement dont le budget annuel est d’environ 500 millions de centimes. Actuellement, le dossier est entre les mains de la Cour des comptes. Il faut dire que la justice ne sera rendue à ces quatre cent enfants en détresse, leurs parents et tous ceux qui y suent pour le bien-être de tout le monde, que lorsque les brebis galeuses seront supplantées par des gens intègres.

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