Quelle place pour la lecture dans les écoles ?

Quelle place pour la lecture dans les écoles ?

La lecture est une aptitude fonctionnelle qui joue un rôle moteur dans le développement de l’enfant. Ce «processus formateur», ainsi défini par les pédagogues, constitue à la fois un moyen d’évasion, de divertissement et de découverte. Il s’agit d’une communication cognitive qui consolide les rapports entre l’individu et sa société. Le décodage linguistique démarre de bonne heure. Depuis la maternelle, l’enfant s’initie progressivement au déchiffrage de la langue. À ce stade, l’apprenti établit son premier contact avec les signes alphabétiques et la phonologie. Une étape primordiale à travers laquelle se forge l’aptitude linguistique de la personne. Dans ce sens, le système éducatif détermine une feuille de route pour promouvoir cet apprentissage. Le Maroc s’inscrit dans une démarche prometteuse pour promouvoir la lecture. Sur le plan éducatif, des efforts sont consentis pour encourager la population estudiantine à lire. «Promouvoir la lecture rentre parmi les priorités du ministère de l’Education nationale. Cette ambition s’est consolidée par la mise en place du programme d’urgence de l’éducation nationale», a indiqué Mohamed Souli responsable des affaires pédagogiques à l’Académie régionale de l’éducation et formation du Grand Casablanca. En effet, le programme d’urgence de l’éducation nationale, établi pour la période 2009-2012 , est une mesure qui apporte un nouveau souffle et une nouvelle dynamique au système de l’éducation et de la formation nationale. Les équipes concernées ont mis en œuvre des programmes et mécanismes de coordinations pour la promotion de l’école publique. A cet effet, la promotion de la lecture occupe une bonne partie dans la feuille de route fixée à l’horizon 2012. «Des accords ont porté sur l’aménagement des espaces de lecture. Près de 90 collèges ont été alimentés par des supports documentaires multimédia», souligne M. Souli. Et de poursuivre que «des bourses ont été octroyées aux écoles primaires afin d’aménager des espaces de lecture au sein des classes au moment où un intérêt particulier a été accordé à la lecture publique en encourageant l’organisation de clubs de lecture». Au primaire, l’enveloppe horaire hebdomadaire est de 27 heures. 15% de cette plage est destinée aux activités dont la lecture. Il est à noter que la lecture revêt un nouvel aspect. Outre la lecture suivie, généralement considérée comme initiative personnelle de l’enseignant, l’élève apprend à déchiffrer des supports actualisés, à savoir les fragments de textes littéraires ou d’actualité (journalisme, arts et recherches). Cependant, l’apprentissage de la lecture peut être entravé par la présence d’un trouble spécifique et durable chez l’élève en l’occurrence la dyslexie. Selon un constat scientifique, une classe peut contenir un à deux élèves dyslexiques. Comment s’y prendre avec cet handicap? «Malgré la reconnaissance de la dyslexie par certaines académies nationales, l’enfant dyslexique reste souvent mal compris voire même renvoyé de certaines écoles. Donc on est obligé de choisir des petites structures pour nos enfants afin de ne pas être marginalisé», indique Samira Kasmi, présidente de l’association des parents d’enfants dyslexiques (APED). Et d’ajouter que : «nous tenons régulièrement à organiser des rencontres dans le but de mettre le corps professoral en contact avec des experts en la matière». Afin de vulgariser cette situation et de trouver les moyens nécessaires pour assurer à ces enfants un enseignement de qualité dans le respect de la différence, l’APED appelle à l’élaboration d’un plan d’action incluant quatre protagonistes principaux (le ministère, enseignants, parents et orthophonistes) et ce pour garantir un droit à la lecture pour ces enfants et remédier à ce mal qui touche 10% de la population.


Dyslexie : Conseils utiles pour les enseignants
Pour qu’un élève dyslexique puisse conserver sa motivation, le corps professoral doit œuvrer à lui mettre en place des plans de travail avec des objectifs biens définis et faciles à atteindre. Le processus doit se dérouler en quatre étapes. En classe : il faut accorder à l’élève le temps nécessaire pour la lecture des consignes ou demander à un camarade de lire les consignes à voix haute. Il est de même utile de s’assurer de la compréhension des consignes et de favoriser les exercices à trous ainsi que surligner les mots repères d’un texte. La lecture : pour l’évaluation des capacités de lecture, ne jamais le faire lire à voix haute devant la classe mais le faire lire en individuel, en l’encourageant et le déculpabilisant. Pour la prise de connaissance des textes, les élèves peuvent également avoir recours au livre audio, qui contourne la difficulté en faisant appel à un autre sens, l’ouïe, plutôt que la vue. De plus il faut privilégier le contrôle des connaissances à l’oral plutôt qu’à l’écrit. En écrit : il est primordial de raccourcir la longueur des productions écrites et de mettre à disposition un certain nombre de mots sur le thème de la rédaction. Il ne faut jamais pénaliser un enfant dyslexique pour l’orthographe dans un travail spécifique. Lors d’une dictée, il est préférable de calculer le rapport du nombre d’erreurs sur le nombre de mots écrits, ainsi l’enfant pourra constater ses progrès en cours d’année. Les devoirs : il faut initier l’élève dyslexique à organiser son travail. Ainsi, les enseignants doivent prévoir de fournir une feuille avec des indications précises pour les devoirs à la maison. Il faut même demander aux parents de lui lire les consignes et les leçons pour lui faciliter l’apprentissage.

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