Rage : Dix personnes toujours recherchées

Vendredi soir, au lendemain de l’ouverture d’une information judiciaire, la liste des personnes recherchées s’est allongée : deux fillettes ont été aperçues avec le chiot contaminé à Miramont-de-Guyenne (Lot-et-Garonne), où le maître du chiot s’est rendu pour le festival des arts de la rue des 7 et 8 août. Même si une alerte sanitaire sans précédent a été lancée, l’inquiétude grandit : « plus on s’écarte de la période du 2 au 21 août – période à risque de contamination pour l’homme et les animaux, selon la Direction départementale des services vétérinaires de la Gironde – plus la course contre-la-montre est aléatoire », souligne-t-on à la Direction générale de l’alimentation.
« Plus on met de temps à retrouver ces personnes, plus elles se rapprochent, si elles ont été contaminées, d’une éventuelle apparition des symptômes », ajoute-t-on. Or, « si des signes apparaissent, c’est trop tard », martèle un porte-parole. La rage, qui se transmet par morsure, par léchage et par griffure, est en effet une maladie mortelle pour l’homme si elle n’est pas traitée avant le déclenchement des premiers symptômes. La cellule de crise mise en place par la préfecture de la Gironde, à la suite de la détection de la rage sur le chiot importé par un Bordelais du Maroc, sans document, sans vaccin ni tatouage, a reçu plus de 700 appels. Plus d’une centaine d’enquêtes épidémiologiques sont en cours et une cinquantaine de personnes ont été vaccinées. Cependant, des questions hantent les esprits : la population a-t-elle réellement pris conscience de la situation ? Des propriétaires de chiens en contact avec l’animal contaminé n’auraient-ils pas tendance à éviter de se manifester ? Le point sur la situation est-il bien relayé à l’étranger, en Angleterre, en Allemagne ou aux Pays-Bas notamment, des ressortissants de ces pays étant nombreux à séjourner en Aquitaine pendant les vacances ? Quant aux animaux, il faut éviter « un phénomène en cascade ». C’est la raison pour laquelle les mesures de prévention contre la rage ont été renforcées vendredi dans les départements de la Gironde, de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, où s’est baladé le propriétaire du chien, avec son animal. Les mesures, applicables dès samedi et valables six mois, prévoient que « seuls les chiens identifiés et valablement vaccinés contre la rage peuvent circuler librement, à condition d’être placés sous la surveillance directe de leur maître ». « Les chiens non identifiés ou non valablement vaccinés contre la rage doivent être tenus à l’attache ou enfermés et ne peuvent en aucun cas sortir de la zone », a décidé le ministère de l’Agriculture. Sur la voie publique, les chiens doivent être « sous le contrôle direct de leur maître, à condition d’être tenus en laisse et muselés ».
Enfin, « les chats, même vaccinés contre la rage, doivent être maintenus enfermés » et ne peuvent être transportés que « dans un panier fermé ».
Ces mesures sont « contraignantes », admet-on à la Direction générale de l’alimentation, mais le renfort de la vigilance est indispensable « pour mettre une barrière entre les animaux sains et les animaux potentiellement contaminés ».
Par ailleurs, Le propriétaire du chiot enragé, ramené du Maroc et à l’origine d’une alerte à la rage en Europe, se trouve désormais dans le collimateur de la justice avec l’ouverture d’une information judiciaire à Bordeaux pour infraction à la législation sur l’introduction des animaux en France.
Près d’une semaine après l’annonce d’un cas de rage en Gironde, le procureur de la République de Bordeaux a décidé d’ouvrir une information judiciaire en se fondant sur le code rural qui réglemente l’entrée des animaux en France. L’article L237-3 sanctionne notamment « le fait d’introduire sur le territoire métropolitain, lorsqu’ils sont originaires ou en provenance de pays non membres de l’Union européenne, des animaux vivants ou leurs produits (…) n’ayant pas subi le contrôle vétérinaire », a expliqué à l’AFP le procureur Bertrand de Loze.
Le propriétaire du chien enragé, un Bordelais de 32 ans qui avait adopté le chiot à Agadir (Maroc) sans document, vaccin, ni tatouage, avant de le ramener en France, risque jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende. Cette peine pourrait même aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 76.000 euros d’amende si l’infraction était accompagnée d' »atteintes graves pour la santé humaine ou animale », selon le procureur. Entendu à plusieurs reprises par les policiers de Bordeaux, le propriétaire a été laissé en liberté. Il devrait être rapidement convoqué par le juge d’instruction en charge de l’affaire, qui peut délivrer une convocation ou un mandat d’amener. « Il été très coopératif », a par ailleurs indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. « Il se souvenait très bien des lieux et des gens qu’il a croisés, mais il a quelques difficultés pour se rappeler des dates », a ajouté cette source.
Sur la voie publique, les chiens doivent être « sous le contrôle direct de leur maître, à condition d’être tenus en laisse et muselés », précise l’arrêté qui interdit également tout rassemblement d’animaux domestiques dans la zone.

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